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7 octobre
PIE XII
LA PRIÈRE DU ROSAIRE
Ce n’est pas sans une joyeuse attente et une espérance ravivée que Nous voyons revenir le mois d’octobre, durant lequel les fidèles ont l’habitude d’accourir plus fréquemment aux églises pour prier Marie par la récitation du très Saint Rosaire. En effet, nous connaissons bien la puissante efficacité du Rosaire pour obtenir l’aide maternelle de la Sainte Vierge. Bien que certainement il n’y ait point qu’une unique manière de prier pour obtenir cette aide, Nous estimons néanmoins que le Rosaire est le moyen le mieux adapté et le plus fructueux, comme cela est du reste clairement suggéré par son origine même, plus divine qu’humaine, et par sa nature intime.
Y a-t-il, en effet, prière plus appropriée et plus belle que l’Oraison dominicale et la Salutation angélique, qui sont comme les fleurs dont se compose cette couronne mystique ? Il résulte un autre grand avantage lorsque les prières orales s’accompagnent de la méditation des mystères : tous les fidèles, même les plus simples et les moins instruits, ont là une manière facile et rapide d’alimenter et d’affermir leur foi. Par la méditation fréquente des mystères, l’âme atteint et absorbe insensiblement les vertus qu’ils contiennent ; elle s’enflamme vivement à l’espérance des biens immortels et se sent fortement et doucement stimulée à suivre la voie tracée par le Christ lui-même et par sa Mère. La récitation même de formules identiques, tant de fois répétées, loin de rendre cette prière stérile et ennuyeuse, possède au contraire, comme il est d’expérience, l’admirable vertu d’inculquer la confiance à celui qui prie et de faire une douce violence au Cœur maternel de Marie.
Nous n’hésitons donc pas à le répéter, nous mettons une grande espérance dans le Rosaire, pour la guérison des maux qui affligent notre époque. Ce n’est pas avec la force, ni avec les armes, ni avec la puissance humaine, mais avec l’aide divine obtenue par cette prière que l’Église, forte comme David avec sa fronde, pourra affronter, intrépide, l’ennemi infernal, en lui adressant les paroles du jeune berger : “Tu viens contre moi avec l’épée, la lance et le javelot, mais moi je vais contre toi au nom du Dieu des armées, et toute cette multitude saura que ce n’est ni par l’épée ni par la lance que Dieu sauve".
Nous désirons donc vivement, vénérables frères, que, stimulés par votre exemple et vos exhortations, tous les fidèles répondent avec empressement à nos consignes et unissent leurs cœurs et leurs voix dans un même élan de charité. Si les maux et les attaques des méchants vont se multipliant, le zèle de tous les hommes de bien doit également augmenter. Que les fidèles s’efforcent d’obtenir de notre Mère très aimante, spécialement au moyen du Rosaire, qui lui est si agréable, le retour prochain de temps meilleurs pour l’Église et pour la société.
Encyclique Ingruentium malorum