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Méditation du mardi 6 décembre

Une parole 


« Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »



Un regard


Dans la langue française, l’expression « brebis égarée » en est venue à désigner une personne qui est sortie du droit chemin. Et, de ce fait, l’expression a pu être employée pour désigner des ecclésiastiques ayant eu des comportements déviants, ayant notamment commis des abus de différentes natures. Or, dans la version de l’évangile selon saint Matthieu, la brebis égarée n’est pas présentée comme une figure déviante mais comme un petit auquel Dieu attache un prix particulier, qu’il ne veut en aucun cas perdre. La brebis égarée n’est donc pas l’agresseur qui est plutôt, pour reprendre une autre expression évangélique, un loup vorace déguisé en brebis, mais la victime qui s’éloigne du troupeau parce qu’elle a été scandalisée et brutalisée, parce qu’elle ne s’y sent pas reconnue. C’est à cette petite brebis humiliée et apeurée que le berger doit consacrer tous ses soins.



Une prière


Prions le Seigneur notre Dieu qui ne veut qu’aucun de ses petits ne soit perdu.


Seigneur, que les pasteurs de ton Église consacrent leurs soins aux brebis perdues, aux victimes qui ont quitté le bercail de l’Église parce qu’elles y avaient été maltraitées et parce qu’elles ne s’y sentaient pas reconnues. 


Seigneur, que ton Église devienne une maison sûre où les petits ne risquent pas de se perdre à cause des mauvais traitements subis.


Seigneur, lorsque nous nous égarons, lorsque nous éloignons de la communauté ecclésiale, viens nous rechercher, viens nous ramener au bercail.

 

 

Une parole 


Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il mène les brebis qui allaitent.



Un regard


Le livre de la consolation d’Israël qui forme la seconde partie du livre du prophète Isaïe a été rédigé au moment du retour de l’exil à Babylone. L’auteur annonce le retour des exilés à Jérusalem grâce à l’édit du roi Cyrus. Pour caractériser l’action de Dieu, il emploie notamment une métaphore déjà utilisée par les prophètes Jérémie et Ézéchiel, celle du berger qui vient rassembler les brebis dispersées. Mais le continuateur d’Isaïe apporte une note de tendresse – le Seigneur porte les agneaux contre sa poitrine - qui annonce le bon pasteur des évangiles prenant la brebis égarée sur ses épaules. Notre Dieu est un Dieu compatissant qui a des entrailles de mère.



Une prière


Prions le Seigneur notre Dieu pour qu’il vienne ramener au bercail les brebis dispersées. 


Seigneur, ramène en une seule Église tous ceux qui croient en Toi et qui sont divisés en différentes confessions.


Seigneur, ramène en ton Église tous les fidèles déçus par l’institution ecclésiale et qui sont tentés de s’en éloigner.


Seigneur, viens prendre soin de tous les petits qui ont été blessés par des abus commis par des membres de ton Église, viens les prendre contre Ton cœur et les consoler.


(proposé par le Fr. Antoine-Frédéric)




Méditation du lundi 5 décembre


Une parole


Remplis de crainte, ils disaient : « Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd’hui ! »



Un regard


Les premiers mots de l’évangile de ce jour sont : « Un jour ». Et même littéralement en grec « un des jours » et le dernier est « aujourd’hui ». L’enjeu de ce texte est donc de nous montrer comme un jour parmi d’autres, englué dans la banalité du quotidien, peut devenir l’aujourd’hui du salut, le jour où Dieu vient nous visiter, où il se passe des choses extraordinaires. Nous sommes invités à changer notre regard sur notre vie quotidienne, sur l’ordinaire des jours qui passent, pour y rechercher toutes les choses extraordinaires que nous ne voyons pas, tous ces petits signes qui échappent souvent à nos regards et qui nous ouvrent à la présence divine.  Certes, nous ne voyons pas tous les jours un paralytique se relever et marcher chez lui en rendant gloire à Dieu. Mais nous voyons dans nos vies, dans celles de nos proches, des péchés qui sont pardonnés, des peurs qui nous paralysaient et que nous arrivons à dépasser, des vies qui sont reprises en main, où l’on apprend à ne plus dépendre des autres.



Une prière


Seigneur, apprends-nous à te rendre grâce pour ces petits miracles du quotidien.


Prions le Seigneur qui vient nous visiter chaque jour de notre vie pour en faire l’aujourd’hui de son salut.


Ouvre nos yeux, Seigneur, pour que nous voyions toutes les petites choses extraordinaires qui illuminent notre quotidien.


Ouvre nos lèvres, Seigneur, pour que nous rendions grâce de toutes les belles choses que nous voyons.


Aide-nous, Seigneur, à nous relever, que nous ne soyons plus paralysés par le péché et que nous prenions notre vie en mains.

 


Une parole   


Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie !



Un regard


Pour rentrer de Babylone où ils avaient été déportés à Sion, les exilés devaient traverser le désert, tout comme les ancêtres avaient dû traverser le Sinaï pour rentrer d’Égypte. Mais la joie du retour dans la terre promise transforme cette épreuve redoutable en un voyage d’agrément. Le désert de ce pays de la soif où rien ne pousse, où tout meurt, plantes et animaux, est soudain envahi par une vie surabondante, comme lors de la survenue d’une pluie soudaine. Nous pouvons vivre cette expérience dans nos existence quotidienne lorsque nous revenons à Dieu après en avoir été éloigné par le péché. Alors des espaces intérieurs que la faute avait rendu déserts, comme morts, peuvent être revivifiés dans la joie du retour vers le Père.



Une prière


Rendons grâce au Seigneur qui nous invite à revenir vers lui.


Seigneur, le péché nous avait éloigné loin de toi mais tu nous as rappelé.  Ouvre nos oreilles que nous écoutions ton appel et que nous revenions vers Toi.


Seigneur, le péché avait rendu nos cœurs arides et désertiques, mais tu as fait pleuvoir sur eux ta grâce bienfaisante. Viens semer en nos cœurs ta parole, qu’elle fleurisse et porte du fruit.


Seigneur, le péché avait rendu nos âmes tristes mais tu nous as consolé. Ouvre nos lèvres que nous exultions de joie.


(proposé par le Fr. Antoine-Frédéric)



Une prière


Que le Dieu de la persévérance et du réconfort vous donne d’être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus. Ainsi, d’un même cœur, d’une seule voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ.



Un regard


Une communauté monastique qui chante ensemble à l’unisson la louange de Dieu dans les psaumes, quel beau symbole de paix et d’harmonie ! Du moins est-ce l’image un peu idéalisée qu’en ont les hôtes qui fréquentent notre monastère et ne perçoivent pas les tensions que provoque parfois le chant liturgique. Saint Benoît était d’ailleurs bien conscient des limites de l’accord entre frères d’une même communauté puisqu’il a demandé qu’aux laudes et aux vêpres le Notre Père soit récité à voix haute afin que, en entendant la formule « Pardonne-nous nos péchés comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés », les frères soient incités à se pardonner mutuellement. Il n’en reste pas moins que, malgré les frictions inévitables, le chant au chœur est un lieu où se construit et s’éprouve l’accord de la communauté.

 


(proposé par le Fr. Antoine-Frédéric)

















(proposé par le Fr. Antoine-Frédéric)