Méditation du lundi 9 mars
Une parole
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien.
Un regard
À la synagogue de Nazareth, Jésus choque un auditoire pourtant tout acquis à la cause de « l’enfant du pays ». Ils espéraient le voir faire des miracles comme il en avait réalisé à Capharnaüm. Au lieu de cela, Jésus leur rappelle qu’au temps d’Élisée, alors que le roi d’Israël croyait impossible qu’un lépreux soit délivré de sa lèpre, c’était un étranger, le général syrien Naaman, qui avait bien été purifié après avoir suivi l’ordre du prophète. De même, lorsque par la parole de Jésus, dix lépreux seront purifiés aux confins de la Galilée et de la Samarie, le seul qui reviendra rendre gloire à Dieu sera un de ces Samaritains méprisés par les Juifs, considérés comme étrangers et hérétiques. Des étrangers, de mauvais croyants, peuvent montrer plus de foi, plus d’ouverture à la grâce de Dieu que de prétendus croyants qui se croient supérieurs mais n’ont pas vraiment la foi.
Une prière
Prions notre Seigneur Jésus qui vient nous purifier de la lèpre du péché.
Seigneur Jésus, nous nous croyons justes mais il y a beaucoup de pécheurs parmi nous ; ouvre nos cœurs que nous reconnaissions nos fautes.
Seigneur, il y a beaucoup de pécheurs pardonnés parmi nous mais combien te rendent grâce ? Ouvre nos lèvres, que nous proclamions ta louange.
Seigneur, il y a beaucoup de gens qui se disent chrétiens mais combien croient vraiment, en leur cœur, que tu es Christ et Seigneur ; fais grandir en nous la foi.
Une parole
Naaman se mit en colère et s’éloigna en disant : « Je m’étais dit : Sûrement il va sortir et se tenir debout pour invoquer le nom du Seigneur son Dieu ; puis il agitera sa main au-dessus de l’endroit malade et guérira ma lèpre. Est-ce que les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Si je m’y baignais, est-ce que je ne serais pas purifié ? »
Un regard
Il avait de bonnes raisons de se mettre en colère, Naaman. Il était venu de Damas parce qu’il avait entendu dire que le prophète Élisée était capable de le guérir de la lèpre et voilà que le prophète ne le reçoit même pas et lui donne, par un messager, une prescription somme toute banale. Imaginez que vous parcouriez des kilomètres pour aller à l’étranger consulter un dermatologue très réputé et, qu’à l’arrivée, il refuse de vous recevoir et vous fasse dire par sa secrétaire d’aller vous baigner dans la rivière d’à côté… Vous seriez probablement furieux ! Mais voilà, Élisée n’est pas un dermatologue, ni même un guérisseur, c’est un prophète, un homme de Dieu. Son but n’est pas de satisfaire une clientèle, ni même de guérir, mais d’amener à la foi en Dieu, à convaincre que c’est Dieu seul qui peut guérir si l’on obéit à sa parole. Il ne va pas faire des gestes sur Naaman pour lui faire croire que c’est lui qui peut le guérir, il va lui ordonner de prendre un bain, un bain qui préfigure le baptême qui lave de la lèpre du péché et conduit à la foi.
Une prière
Prions le Seigneur notre Dieu pour tous les cathéchumènes qui vont être baptisés lors de la nuit de Pâques.
Seigneur, il y a beaucoup de fleuves où l’on peut se baigner mais il n’y a qu’un seul baptême qui purifie de la lèpre du péché ; lave les catéchumènes de toutes leurs fautes.
Seigneur, il y a beaucoup de médecins qui soulagent les corps mais toi seul peut guérir nos âmes en vue de la vie éternelle ; viens donner aux cathéchumènes les gages du salut.
Seigneur, il y a beaucoup d’idoles qui exigent qu’on les serve et leur rende un culte mais tu es le seul Dieu à vouloir établir une relation d’amour et de confiance avec ceux qui croient en Toi ; fais grandir la foi et la charité des catéchumènes.
Méditation du dimanche 8 mars
Une parole
« Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »
Un regard
Dans nos pays occidentaux nous avons pris l’habitude d’avoir l’eau courante et nous n’avons plus conscience de la contrainte que pouvait représenter la nécessité d’aller puiser de l’eau à un puits souvent distant du lieu d’habitation. Aussi avons-nous un peu de mal à comprendre l’enthousiasme de la Samaritaine lorsque Jésus paraît la délivrer de cette corvée quotidienne, lui proposant de lui procurer une eau qui désaltère définitivement, qui devient source d’eau pour la vie éternelle. Mais ne nous y trompons pas, cette eau qu’évoque Jésus n’est pas le liquide matériel que vient puiser chaque jour la Samaritaine mais bien une réalité spirituelle que Jésus évoque sous la figure de l’eau. Laquelle ? Probablement l’Esprit Saint que Jésus évoquera à l’aide de la même métaphore de l’eau vive dans le Temple de Jérusalem à l’occasion de la fête des tentes. Comme l’eau est indispensable à la vie matérielle et corporelle, l’Esprit est indispensable à la vie spirituelle et éternelle et Jésus est celui qui nous le procure en abondance.
Une prière
Prions notre Seigneur Jésus qui nous procure en abondance l’eau vive du Saint-Esprit.
Seigneur, nous te prions pour tous nos contemporains qui ont soif de spiritualité, qu’ils découvrent que toi seul es la vraie source d’eau vive qui peut les abreuver.
Seigneur, nous te prions pour les catéchumènes qui se préparent au baptême ; creuse en eux la soif de l’Esprit Saint qu’ils recevront la nuit de Pâques.
Seigneur, nous te prions pour les chrétiens découragés par la diminution du nombre des fidèles et par les abus commis par des membres du clergé ; envoie sur eux l’Esprit Saint pour qu’ils reprennent force et courage.
Une parole
Le Seigneur dit à Moïse : « Passe devant le peuple, emmène avec toi plusieurs des anciens d’Israël, prends en main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil, et va ! Moi je serai là, devant toi, sur le rocher du mont Horeb. Tu frapperas le rocher, il en sortira de l’eau, et le peuple boira ! »
Un regard
Quel est donc ce rocher que Moïse a frappé de son bâton et duquel a jailli de l’eau. D’après saint Paul, dans la première lettre aux Corinthiens, « ce rocher c’était le Christ. » Et, en effet, il n’y a pas d’autre rocher duquel peut jaillir l’eau vive du Saint-Esprit que celui qui nous a dit : « Demander, on vous donnera, ; cherchez-vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. » Si nous frappons par le bâton de notre prière continuelle, notre rocher spirituel qui nous accompagne toujours, même dans les temps de sécheresse et d’épreuves, dans les traversées du désert qui émaillent nos existences, nous ne manquerons jamais d’eau.
Une prière
Prions le Seigneur Jésus, notre rocher spirituel d’où jaillit l’eau vive du Saint-Esprit.
Dans les traversées du désert, dans les temps d’épreuves où nous nous sentons seuls et abandonnés, tu es là Seigneur ; fais jaillir ton Esprit Saint.
Quand nous perdons courage devant nos fautes et que nous n’osons plus lever les yeux pour te prier, tu es là Seigneur ; fais jaillir ton Esprit Saint.
Quand nous sommes abandonnés de tous, que nos amis nous trahissent, que nous n’avons plus confiance en l’homme, tu es là Seigneur ; fais jaillir ton Esprit Saint.
Une parole
Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs.
Un regard
« Il n’y pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », déclare Jésus dans l’évangile selon saint Jean ; et saint Paul de renchérir « pour ceux qu’on aime mais qui ne nous aime pas ». Car telle est bien l’expérience personnelle de saint Paul lui-même, sur le chemin de Damas il a compris que ce Jésus dont il poursuivait avec zèle les disciples était mort aussi pour lui, le persécuteur. Oui, Jésus n’est pas venu pour ceux qui l’aimaient, pour le petit groupe de ses disciples, mais pour tous les hommes, même pour ses bourreaux pour lesquels il a prié sur la croix. Il est mort aussi pour nous qui essayons de l’aimer tant bien que mal et qui, parfois, y parvenons si mal que par nos péchés et nos trahisons, nous ressemblons aux bourreaux qui l’ont crucifié.
Une prière
Prions notre Seigneur Jésus qui est mort pour nous, pour les pécheurs que nous sommes.
Seigneur Jésus, lorsque tu as été arrêté, tes disciples, tes amis, se sont enfuis et t’ont abandonné, et pourtant tu es mort pour eux ; pardonne-nous chaque fois que nous t’abandonnons, que nous n’osons pas proclamer notre foi.
Seigneur? lorsque tu étais sur la croix? tu as prié ton Père pour le pardon de tes bourreaux ; pardonne-nous chaque fois que nous te blessons ou que nous te scandalisons en blessant ou scandalisant un petit.
Seigneur, tu n’as jugé personne et tu as accueilli les pécheurs ; pardonne-nous chaque fois que nous jugeons et condamnons nos frères en nous croyant supérieurs et exempts de péchés.
Méditation du samedi 7 mars
Une parole
Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.”
Un regard
Son père… il avait voulu le supprimer, l’effacer de sa vie. Il lui avait pris sa part d’héritage, la part de la vie de son père qu’il lui revenait ; il l’avait quitté ; il avait dilapidé son héritage, comme pour l’effacer définitivement de sa vie. Et voilà qu’au fond de ses misères, alors qu’il était réduit à désirer la nourriture des bêtes impures qu’il gardait, il se souvenait qu’il avait un père qui, au moins, était un bon patron qui payait convenablement ses ouvriers et qui accepterait sûrement de le traiter comme l'un de ses ouvriers. Mais il lui fallait pour cela reconnaître qu’il avait eu tort, qu’il avait mal agi, qu’il s’était mal comporté envers ce père qui lui avait donné la vie, envers le Père du ciel dont vient toute vie, reconnaître que seuls son père et le Père céleste pouvaient lui rendre un peu de cette vie qu’il avait gâchée et dilapidée. Il lui fallait se relever pour aller vers son père, ressusciter de cette structure de mort dans laquelle il s’était enfermé pour retourner vers la source de sa vie.
Une prière
Prions notre Père, Créateur du ciel et de la terre, qui procure de la nourriture en abondance pour toutes ses créatures.
Père du ciel, nous avons péchés. Nous nous sommes éloignés de toi et nous nous sommes asservis à des idoles ; aie pitié de nous.
Père du ciel, nous avons péché contre toi. Nous avons dilapidé les ressources de la création que tu nous avais laissées en héritage ; aie pitié de nous.
Père du ciel, donne-nous la force de nous relever et de revenir vers toi, dans l’assurance que tu nous pardonneras ; aie pitié de nous.
Une parole
Qui est Dieu comme toi, pour enlever le crime, pour passer sur la révolte comme tu le fais à l’égard du reste, ton héritage : un Dieu qui ne s’obstine pas pour toujours dans sa colère mais se plaît à manifester sa faveur ? De nouveau, tu nous montreras ta miséricorde, tu fouleras aux pieds nos crimes, tu jetteras au fond de la mer tous nos péchés !
Un regard
Heureusement, Dieu ne ressemble pas aux hommes. Les hommes ont bien du mal à pardonner. Leur ressentiment est souvent durable. Ils ne supportent pas que l'on se révolte contre leur autorité. Et même lorsqu’ils pardonnent, ils se souviennent de la faute, ils ne peuvent pas faire comme si elle n’avait pas existé. Dieu n’est pas comme les hommes puisque, non seulement, il pardonne les péchés, mais c’est lui-même qui les fait disparaître, qui les foule aux pieds comme fait le foulon pour blanchir le tissu et que plus une tâche n’apparaisse ; il les jette au fond de la mer pour que jamais ils ne remontent à la surface. Nos péchés nous retiennent prisonniers, occupent nos pensées et notre mémoire. Dieu est le seul à pouvoir nous en libérer.
Une prière
Prions le Seigneur, le Dieu miséricordieux qui nous libère de nos péchés.
Pitié Seigneur, nous nous sommes révoltés contre Toi et, maintenant, c’est contre nous que nous sommes en colère ; toi le Dieu miséricordieux, viens nous apaiser.
Nos péchés sont comme des tâches écarlates qui reviennent sans cesse à nos yeux ; viens les fouler aux pieds, qu’ils redeviennent blancs comme de la neige.
Nos péchés sont comme des cadavres qui, sans cesse, remontent à la surface quand nous croyons les avoir oubliés ; viens les jeter au fond des mers, qu’ils ne reviennent plus nous troubler.
Proposé par le Fr. Antoine-Frédéric