Méditation du samedi 6 décembre
Une parole
Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger.
Un regard
Pour évoquer la détresse des foules, saint Matthieu utilise une métaphore courante dans l’univers biblique et facilement compréhensible dans la société agro-pastorale qu'était la sienne. Il parle de brebis – le terme employé probaton est un terme générique qui désigne tout le petit bétail, moutons et chèvre – sans berger. Nous avons évidemment plus de mal à comprendre cette métaphore dans notre civilisation essentiellement urbaine et industrielle mais nous pressentons que la réalité à laquelle renvoie cette métaphore est bel et bien présente aujourd’hui encore et, peut-être, plus que jamais : celle d’une société en perte de repères, déboussolée, à la recherche de guides dont certains membres sont prêts à suivre le premier venu. Or devant ces foules de Galilée sans berger, un homme, il y a deux mille ans, fut saisi de compassion, Jésus. Mais l’expression même « être saisi de compassion », littéralement « pris aux entrailles », suggère qu’il s‘agit plus que d’un homme. Le mot « entrailles » renvoie en effet au Seigneur lui-même qui s’est révélé à Moïse comme un Dieu qui a des entrailles de mère. Dieu a tellement des entrailles de mère qu’il s’est fait homme pour être plus proche de nous, pour soulager nos détresses. Aujourd’hui encore, il vient nous sauver.
Une prière
Prions le Seigneur notre Dieu qui est saisi de compassion envers les femmes et les hommes qu’il a créés.
Seigneur, nous sommes désemparés devant les changements rapides de notre société ; viens nous indiquer le bon chemin.
Seigneur, nous sommes abattus, découragés devant le poids de nos péchés ; viens nous libérer.
Seigneur, nous sommes dispersés chacun de notre côté ; toi, le bon berger, viens nous rassembler.
Une parole
Tes oreilles entendront derrière toi une parole : « Voici le chemin, prends-le ! », et cela, que tu ailles à droite ou à gauche.
Un regard
Isaïe aurait-il prophétisé l’invention du GPS ? Les conducteurs, voire les passagers de véhicules automobiles, connaissent en effet bien cette voix venue d’un appareil électronique qui, où qu’ils soient, leur indique la bonne direction à prendre pour gagner le lieu où ils souhaitent se rendre. L’image du GPS permet, en tout cas me semble-t-il, de mieux comprendre ce que veut nous dire Isaïe. Dieu est, en quelque sorte, notre GPS spirituel qui nous aide, dans toutes les situations humaines, à trouver le bon chemin. Et il est même mieux qu’un GPS car pour que le GPS calcule l’itinéraire, il faut lui indiquer notre destination alors que Dieu sait mieux que nous-mêmes où nous devons nous rendre. Le problème est que pour les trajets quotidiens que nous connaissons par cœur nous ne mettons pas le GPS et il en est de même dans la vie spirituelle ; nous sommes dans une routine où, finalement, nous pensons que nous n'avons plus vraiment besoin de Dieu. Or c’est justement dans le plus ordinaire de nos vies qu’il peut nous aider et que nous pouvons le rencontrer.
Une prière
Prions le Seigneur notre Dieu qui, à chaque instant de notre vie, nous indique le bon chemin par la voix de notre conscience.
Seigneur, quand nous sommes perdus, égarés, loin de Toi, viens nous indiquer le bon chemin.
Seigneur, quand nous sommes assoupis, dans la routine quotidienne et ne prenons plus que des chemins que nous croyons connaître par cœur, viens nous réveiller et nous ouvrir à ton imprévisible présence.
Seigneur, au jour du grand passage, viens nous prendre par la main et accueille- nous dans la joie de ton royaume.
Méditation du vendredi 5 décembre
Une parole
Quand il fut entré dans la maison, les aveugles s’approchèrent de lui, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela ? »
Un regard
Avant de guérir, les deux aveugles qui le suivent en criant d’avoir pitié d’eux, Jésus leur demande s’ils croient en sa capacité de les guérir. La question serait peut-être superflue si Jésus était un médecin ou un guérisseur. Mais Jésus ne guérit pas avec des médicaments ou une puissance venue de l’extérieur ; c’est avec notre propre foi qu’il nous guérit. Il vient nous révéler que nous avons, en nous-mêmes, dans la foi qui habite notre cœur, la capacité à guérir nos blessures et nos aveuglements. Mais nous ne nous en rendons pas compte et c’est l’autre que nous rencontrons, le Christ que nous rencontrons en l’autre, qui nous le révèle.
Une prière
Prions notre Seigneur Jésus qui nous donne le pouvoir de tout faire si nous croyons en lui.
Seigneur, donne-nous de mettre notre confiance, non dans les fausses idoles de notre temps mais en toi qui es venu pour nous sauver ; fils de David, prends pitié de nous.
Seigneur, viens ouvrir nos yeux d’aveugles afin que nous te reconnaissions lorsque Tu viens nous visiter au cœur de nos vies ; fils de David, prends pitié de nous.
Seigneur, donne-nous de croire en Ta capacité de guérir nos blessures, d’avoir confiance que nos blessures, aussi profondes soient-elles, que nos plaies, aussi vives soient-elles, peuvent être guéries ; fils de David, prends pitié de nous.
Une parole
Quant aux aveugles, sortant de l’obscurité et des ténèbres, leurs yeux verront.
Un regard
Parmi les signes des temps messianiques, annoncés par le prophète Isaïe, figurent les aveugles qui retrouvent la vue. De fait, Jésus interrogé par les envoyés de Jean le Baptiste pour savoir s’il est celui qui doit venir, citera aussi parmi les signes qu’il accomplit les aveugles qui retrouvent la vue. Nous qui vivons en ce temps où le règne de Dieu est déjà présent, même s’il n’est pas pleinement manifesté, voyons-nous des aveugles retrouver la vue ? Il y a certes les progrès de la médecine qui permettent de voir à des gens autrefois condamnés à la cécité et cela est appréciable. Mais il n’y a pas que les aveuglements physiques : il y aussi des aveuglements moraux et spirituels dont une personne peut être guérie par une conversion. Et l’on assiste à de telles conversions en notre époque comme en tout temps. Et il n’y a pas que des aveuglements individuels, il y aussi des aveuglements collectifs. Chaque société est, en certains domaines, plongée dans des ténèbres ou éblouie par des fausses lumières qui sont en réalité plus obscures que les ténèbres. Il y a des époques, et c’est le cas me semble-t-il de la nôtre, où les ténèbres des illusions se dissipent et où la société retrouve la vue, même si ce retour à la vue peut être quelquefois éprouvant.
Une prière
Rendons grâce au Seigneur qui vient nous sortir de l’obscurité et des ténèbres.
Loué sois-tu, Seigneur, pour les progrès de la médecine qui permettent de rendre la vue à des personnes autrefois condamnées à la cécité.
Loué sois-tu, Seigneur, pour la conversion de personnes perdues dans les ténèbres du désespoir et qui s’éveillent à Ta lumière.
Loué sois-tu, Seigneur, pour la prise de conscience de notre société qui découvre que le vrai bonheur et la vraie croissance ne sont pas dans l’accumulation des biens matériels.
Méditation du jeudi 4 décembre
Une parole
Ainsi celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc.
Un regard
En conclusion du sermon sur la montagne, le premier des cinq discours qui structurent l’évangile selon saint Matthieu, Jésus insiste sur la nécessité de ne pas se contenter d’écouter la parole mais de la mettre aussi en pratique. Pour cela, il oppose dans une petite parabole deux hommes, un prévoyant (phronimos) et un insensé (môros). Les deux adjectifs employés ici sont les mêmes que dans la parabole des dix jeunes filles. Il y a incontestablement un lien entre ces deux paraboles et on peut même se demander si la parabole des dix jeunes filles n’est pas la version féminine de la parabole des deux maisons. La métaphore de la maison construite sur le roc souligne que pour que la parole de Dieu soit ancrée solidement en nous, il faut la mettre en pratique sinon nous risquons de l’oublier à la première épreuve, la première bourrasque qui survient. Elle suggère aussi que c’est cette parole qui nous permet de nous tenir dans les épreuves et de ne pas nous effondrer.
Une prière
Prions le Seigneur notre Dieu qui nous appelle à mettre en pratique sa Parole.
Seigneur, ouvre les oreilles de nos cœurs, rends nous attentifs à ta Parole que nous écoutons chaque jour proclamée à l’oratoire.
Seigneur, délie nos mains, que nous mettions en pratique ta Parole pour qu’elle s’ancre dans nos cœurs.
Seigneur, que ta Parole nous soutienne et nous maintienne debout dans les temps de doutes et d’épreuves.
Une parole
Prenez appui sur le Seigneur à jamais, sur lui, le Seigneur, le Roc éternel.
Un regard
L’image du Seigneur comme un roc est courante dans l’Ancien Testament, notamment dans les psaumes. Dans ce cantique, extrait du livre du prophète Isaïe, elle est associée à l’image d’une vile forte protégée par le Seigneur. On peut donc penser que ce qui fait la force de cette ville et qu’elle est bâtie sur le roc qu’est le Seigneur. Cette image est à rapprocher de l’évangile où Jésus donne l'exemple d'un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. Ce roc ne serait-il pas aussi le Seigneur ? Ces deux textes nous suggèrent que l’on ne peut rien construire de solide en dehors du Seigneur, que c’est lui qui nous rend fort et qui est la base indispensable de ce que nous pouvons, grâce à lui, construire ou élaborer.
Une prière
Prions le Seigneur notre Dieu, le rocher qui nous soutient.
Seigneur, tu es notre force ; apprends-nous à ne mettre qu’en toi notre confiance et notre espérance.
Seigneur, tu es inébranlable ; aide-nous à tenir debout au milieu des épreuves.
Seigneur, tu nous protèges des atteintes du mal ; chasse de nous la crainte envers les hommes.
Proposé par le Fr. Antoine-Frédéric