Méditation du jour

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Méditation du dimanche 21 avril



Une parole 


Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis.



Un regard 


L’image du berger était courante dans le Proche-Orient ancien pour évoquer un Dieu ou un roi. Elle est aussi employée dans la Bible hébraïque pour désigner le Seigneur Dieu d’Israël et aussi pour désigner des rois et des dirigeants du peuple d’Israël. Mais chez les prophètes, ceux-ci sont souvent dénoncés comme de mauvais bergers rendus responsables de la dispersion du troupeau qu’est l’exil à Babylone ; c’est notamment le cas chez le prophète Ézéchiel qui, après avoir dénoncé l’action des mauvais bergers, les dirigeants du peuple responsables de la dispersion du troupeau, annonce que le Seigneur va être lui-même le berger de son peuple et ramener les brebis dispersées sur la terre d’Israël. En déclarant : « Moi, je suis le bon Pasteur », formule qui comprend l’expression « Moi je suis », « Egô eimi » en grec qui renvoie au nom divin révélé à Moïse dans l’épisode du buisson ardent, Jésus suggère qu’il vient lui-même accomplir l’oracle d’Isaïe, qu’il est Dieu qui vient rassembler son peuple dispersé par la faute des mauvais bergers, des dirigeants du peuple qui ont préféré abandonner le troupeau que le protéger des attaques des loups. Jésus ajoute que la caractéristique du bon berger est qu’il remet sa vie pour ses brebis. En cela, cette image du bon berger est aussi une annonce de sa passion et de sa résurrection. Jésus, le bon berger, accepte de remettre sa vie pour préserver ses brebis de l’attaque du loup, pour préserver ses amis de l’assaut du prince du monde car il sait qu’il la recevra à nouveau de son Père.



Une prière 


Prions notre Seigneur Jésus, le bon berger, qui remet sa vie pour ses brebis.


Seigneur, garde-nous des mauvais bergers qui ne protègent pas leur troupeau et le laissent se disperser.


Seigneur, rassemble en un seul troupeau toutes tes brebis, tous ceux qui écoutent ta voix et ont confiance en Toi. 


Seigneur, apprends-nous à suivre ton exemple et à donner notre vie pour ceux que nous aimons.

 


Une parole 


Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle.



Un regard 


Comparaissant devant le Sanhédrin, après avoir guéri au nom de Jésus un infirme à la Belle Porte du Temple, Pierre évoque Jésus en employant une image empruntée au psaume 117 (118), celle de la pierre rejetée par les bâtisseurs devenue pierre angulaire. Dans ce psaume qui paraît être en relation avec la célébration de la fête des tentes, au retour de l’exil, décrite dans le livre de Néhémie, l’image de la pierre rejetée par les bâtisseurs devenue pierre angulaire renvoie à la destruction du Temple par Nabuchodonosor et à sa reconstruction par les exilés revenus de Babylone. D’après les évangiles synoptiques, selon saint Matthieu, saint Marc et saint Luc, Jésus lui-même avait employé cette image en conclusion de la parabole des vignerons homicides dans laquelle on peut voir une sorte d’allégorie de ce qui allait lui arriver : Lui, le fils bien-aimé du maître de la vigne, allait être tué et jeté dehors par les mauvais vignerons, c’est-à-dire par les chefs du peuple et les grands prêtres qui refuseraient de remettre à Dieu son propriétaire légitime. En citant, dans ce contexte, le psaume 117, Jésus semblait se considérer lui-même comme la pierre méprisée par les bâtisseurs devenue pierre angulaire. Cette référence peut être aussi vue comme une annonce de sa passion et de sa résurrection. Son rejet par les bâtisseurs, à comprendre comme sa mort, n’est pas une fin définitive et il va devenir au contraire le fondement d’une construction nouvelle : l’Église.



Une prière 


Prions notre Seigneur Jésus, la pierre rejetée par les bâtisseurs devenue la pierre angulaire sur laquelle est fondée l’Église.


Seigneur, tu as été rejeté par les chefs de ton peuple et tu es mort sur une croix ; viens au secours de tous ceux qui sont injustement rejetés et persécutés.


Seigneur, tu es devenu la pierre d’angle d’un Temple nouveau qu’est l’Église ; donne-lui de demeurer solidement fondée en Toi dans les épreuves.


Seigneur, en toi se sont réconciliés Juifs et païens ; sois aujourd’hui encore signe d’unité et de paix entre les différents peuples, notamment au Proche-Orient.

 


Une parole 


Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est. 



Un regard 


Saint Jean définit ici, en quelques mots, quelle est notre destinée humaine, ce à quoi nous sommes appelés devenir semblables à Dieu. Dans le premier récit de la création Dieu crée  l’homme à son image et pour sa ressemblance. Cela veut dire que si l’image est donnée d’emblée, la ressemblance est quelque chose que l’homme se doit d’acquérir. Saint Jean se place dans la même perspective : pour que nous soyons pleinement enfants de Dieu, il nous faut devenir semblables à lui et, pour acquérir cette ressemblance, nous avons un modèle, Jésus, le Fils unique de Dieu, le verbe de Dieu qui est absolument semblable au Père, qui est celui par qui lequel le Père se donne à voir. En imitant Jésus, dans sa vie et dans sa mort, nous devenons véritables enfants de Dieu, semblables au Père.



Une prière 


Prions notre Seigneur Jésus, le fils unique du Père, afin qu’il nous aide à devenir à notre tour enfants de Dieu .


Seigneur Jésus, aide-nous à t’imiter dans ta vie et dans ta mort pour que nous ressemblions à ton Père.


Seigneur Jésus, apprends-nous à mourir à nous-mêmes pour accueillir la vie  éternelle qui vient du Père.


Seigneur Jésus, apprends-nous à aimer comme tu nous as aimés, pour être semblables à ton Père qui est amour.




Méditation du samedi 20 avril



Une parole 


« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »



Un regard 


Les évangiles synoptiques, selon saint Matthieu, saint marc et saint Luc, placent la confession de Foi par laquelle Simon-Pierre, au nom des Douze, reconnaît en Jésus le Messie, aux environs de Césarée-de-Philippe, en réponse à la question de Jésus : « Pour vous qui suis-je ? » Saint Jean, quant à lui, situe la confession de Foi où Pierre reconnaît en Jésus le Saint de Dieu à Capharnaüm, après le discours sur le pain de vie, alors que de nombreux disciples scandalisés quittent le maître. Pierre répond ici à une question de Jésus qui ne porte pas sur son identité mais sur éventuelle intention des disciples de le quitter. Cela souligne que la question de l’identité de Jésus est, pour le disciple, indissociable de la relation que l’on entretient avec lui. De ce point de vue, la réponse de Simon-Pierre décrit un parcours de foi. La foi de Simon-Pierre et des disciples s’enracine dans une écoute confiante des paroles de Jésus, dans un accueil de celles-ci comme des paroles de vie. Cette écoute et cet accueil ne leur donnent pas seulement de savoir qui Jésus est. Dans les évangiles selon saint Marc et selon saint Luc, le possédé dans la synagogue de Capharnaüm sait que Jésus est le Saint de Dieu mais il ne croit pas en lui, il n’a pas confiance en lui et a peur de lui. La foi en Jésus ne se résume pas à savoir son identité divine, elle suppose l’établissement d’une relation de confiance en lui.



Une prière 


Prions notre seigneur Jésus-Christ, le Saint de Dieu, afin qu’il fasse grandir notre foi en Lui, notre confiance en Lui.


Seigneur, donne-nous d’écouter et de recevoir Ta Parole comme une parole de vie capable de nous procurer la vie éternelle. 


Seigneur, donne-nous de reconnaître en Toi le saint de Dieu venu non pour nous juger et nous condamner mais pour nous sauver.


Seigneur, donne-nous de croire en Toi, d’avoir confiance en Toi, de compter sur Toi dans les moments difficiles de nos vies.

 


Une parole 


Pierre mit tout le monde dehors ; il se mit à genoux et pria ; puis il se tourna vers le corps, et il dit : « Tabitha, lève-toi ! » Elle ouvrit les yeux et, voyant Pierre, elle se redressa et s’assit. Pierre, lui donnant la main, la fit lever.



Un regard 


« Tabitha, lève-toi », « Tabitha koum » : telles sont les paroles que Pierre a prononcé en araméen selon saint Luc en relevant, en ressuscitant la chrétienne Tabitha à Jaffa. Cela rappelle bien sûr le « Talitha koum », « Jeune-fille lève-toi » prononcé par Jésus relevant la fille de Jaïre. De fait, beaucoup d’éléments invitent à rapprocher ces deux récits de résurrection : l’un et l’autre concernent une femme ; dans les deux cas on vient chercher celui dont on croit qu’il est capable de la ressusciter ; dans les deux cas le thaumaturge fait sortir de la pièce la plupart de ceux qui s’y trouvent ; dans les deux cas il s’adresse à la femme décédée et la prend par la main pour la relever. Tous ces éléments suggèrent que Pierre imite en quelque sorte les gestes et les paroles de Jésus mais aussi qu’après la résurrection de Jésus, il a reçu le pouvoir de réaliser, au nom de Jésus, les mêmes actes de puissance que celui-ci à réaliser durant sa vie. Les apôtres sont invités, en quelque sorte, à prolonger l’action menée par Jésus lors de sa vie terrestre. Ils sont, et nous sommes aujourd’hui encore en tant que disciples, le corps du Christ. et notre mission est, en étant unis entre  nous et unis tous ensemble au Christ, de prolonger son action en ce monde.



Une prière 


Prions notre Seigneur mort et ressuscité pour nous pour son corps qui est l’Église.


Seigneur, dans les temps d’épreuves, face aux situations difficiles, apprends-nous à nous unir à Toi par la prière.


Seigneur, mets en nos bouches des paroles qui rassurent et qui réconfortent.


Seigneur, apprends-nous à tendre la main à ceux qui n’ont pas la force de se relever par eux-mêmes.




Méditation du vendredi 19 avril



Une parole 


En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.



Un regard 


En affirmant qu’il leur donnerait sa chair à manger, Jésus avait provoqué des débats parmi ses auditeurs. Comment cela était-il possible ? Au lieu d’essayer d’apaiser ses débats, Jésus accentue la radicalité de son propos en parlant de boire son sang.  Il convient de rappeler, en effet, que les Écritures juives interdisent formellement de manger la viande avec le sang, considéré comme le principe de vie, cet interdit étant formulé pour la première fois après le récit du Déluge lorsque Dieu autorise à Noé et aux autres hommes survivants de manger de la chair des animaux qui leur était jusque-là défendue. En présentant son sang comme la vraie boisson, Jésus suggère qu’on ne doit pas le manger comme une chair morte mais qu’on doit l’assimiler vivant, avec son sang, son principe de vie. Cela renvoie, d’une part, à l’assimilation de la Parole de Dieu. Ce n’est pas une parole morte que nous assimilons lorsque nous méditons les Écritures mais une Parole vivante qui nous fait vivre. D’autre part, l’Eucharistie n’est pas une chair morte quand nous consommons le corps du Christ mais la propre chair de Jésus ressuscité, bien vivant parmi nous.



Une prière 


Prions le Seigneur Jésus Christ qui nous donne son corps à manger et son sang à boire.


Nous te rendons grâce, Seigneur, pour le pain de ta parole que nous pouvons méditer chaque jour ; qu’il nous nourrisse quotidiennement et nous fasse vivre.


Nous te rendons grâce, Seigneur, pour ton corps et ton sang que nous recevons dans l’Eucharistie ;  qu’ils soient pour nous le gage de la vie éternelle.


Seigneur, qu’en recevant ton corps et ton sang nous devenions nous-mêmes ce que nous recevons, le corps du Christ, et que nous montrions par notre amour mutuel que nous formons un seul corps.

 


Une parole 


Il fut précipité à terre ; il entendit une voix qui lui disait : « Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? » Il demanda : « Qui es-tu Seigneur ? » La voix répondit : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes. Relève-toi et entre dans la ville : on te dira ce que tu dois faire. »



Un regard 


Sur la route de Damas, Saul est précipité à terre et il entend une voix qui lui demande de se relever. Saul, le persécuteur des chrétiens, celui qui était venu à Damas pour les enchaîner et les amener à Jérusalem, et c’est un autre Saul qui se relève, l’instrument choisi par le Seigneur pour faire parvenir son nom auprès des nations. « Cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël » avait prophétisé le juste Syméon dans le Temple, en recevant l’enfant Jésus dans ses bras. Jésus ressuscité a provoqué la chute et le relèvement de Saul, la chute du pharisien zélé qui mettait sa fierté dans l’observance de la Loi ; le relèvement de celui qui désormais ne se glorifie plus qu’en Jésus crucifié, qui ne vit plus pour lui-même mais en qui vit le Seigneur ressuscité rencontré sur la route de Damas.



Une prière


Prions notre Seigneur Jésus qui nous précipite et nous relève, qui provoque notre chute et notre relèvement. 


Seigneur, quand nous nous exaltons nous-mêmes, quand nous cédons à la tentation de la vaine gloire, fais-nous chuter de notre orgueil et de nos prétentions.


Seigneur, quand nous sommes à terre, abattus, humiliés par nos défaillances, relève-nous et donne-nous la force de reprendre la route.


Seigneur, apprends-nous à nous déposséder de nous-mêmes, à ne plus vivre pour nous-mêmes mais pour Toi qui est mort et ressuscité pour nous.


Proposé par le Fr. Antoine-Frédéric