Méditation du jour

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Méditation du mercredi 19 août



Une parole 


« Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » (Matthieu 20,13-15)



Un regard 


La parabole des ouvriers de la onzième heure peut paraître choquante par rapport aux principes qui régissent l’économie libérale. Les ouvriers perçoivent le même salaire quel que soit le travail qu’ils aient fourni. On comprend que ceux qui ont travaillé depuis le matin protestent. Pourtant, comme le fait remarquer le maître de la vigne, ils reçoivent le salaire qui avait été convenu et n’ont donc pas de raison de se plaindre. Après tout, ce que donne le maître aux autres, ne les regarde pas. Cette parabole peut nous amener à nous interroger sur ce qu’est un salaire ? Il y aussi deux logiques qui s’affrontent : pour les ouvriers de la première heure, le salaire est la récompense du travail fourni et doit être proportionnel à celui-ci ; pour le maître de la vigne, le salaire doit assurer le revenu minimum nécessaire à tous ceux qui ont fait l’effort de fournir un travail, aussi modeste soit-il. Ce dernier mode d’organisation économique n’est pas une pure utopie puisqu’il est, à peu près, celui qui est en place dans les communautés monastiques où tous les moines reçoivent le nécessaire, quel que soit le travail qu’ils sont en mesure de fournir. Ce système permet de donner leur place aux plus faibles. Mais il suppose que les plus forts acceptent de ne pas percevoir plus et ne se laissent pas tenter par la jalousie, le regard mauvais sur ceux qui peuvent faire moins.



Une prière 


Prions notre Seigneur, le maître de la vigne, qui veut que tous reçoivent ce qui est nécessaire pour vivre.


Seigneur, nous te prions pour les plus faibles, pour tous ceux qui n’ont pas la force de travailler toute une journée ; qu’ils reçoivent quand même ce qui est nécessaire pour vivre.


Seigneur, nous te prions pour ceux qui ont la force et le courage de travailler plus ; qu’ils acceptent d’être solidaires avec les plus faibles.


Seigneur, viens purifier nos regards ; enlève les germes de jalousie et de discorde entre nous.

 


Une parole 


Vous, au contraire, vous buvez leur lait, vous vous êtes habillés avec leur laine, vous égorgez les brebis grasses, vous n’êtes pas bergers pour le troupeau. Vous n’avez pas rendu des forces à la brebis chétive, soigné celle qui était malade, pansé celle qui était blessée. Vous n’avez pas ramené la brebis égarée, cherché celle qui était perdue. Mais vous les avez gouvernées avec violence et dureté.   (Ézéchiel 34,3-4)



Un regard 


Le prophète Ézéchiel prononce ici une critique particulièrement dure à l’encontre des mauvais bergers, c’est-à-dire les dirigeants politiques et religieux d’Israël qu’il accuse d’avoir exploité le peuple qui leur était confié au lieu de se mettre à leur service. Lorsqu’on lit ce texte aujourd’hui, il est difficile de ne pas penser aux abus qui ont été récemment révélés de la part de prêtres catholiques exerçant une charge pastorale. Ces pasteurs-là ont tiré profit des faiblesses de fidèles qui leur étaient confiés – ceux que le prophète Ézéchiel désigne comme des brebis chétives, malades, blessées – au lieu de les secourir. Ils ont fait fuir loin du bercail ces brebis qu’ils étaient censés garder.



Une prière 


Prions notre Seigneur, le vrai berger qui cherche et prend soin de la brebis égarée.


Seigneur, nous te demandons pardon pour tous les prêtres qui se sont révélés être de mauvais bergers, des loups voraces déguisés en berger, et qui ont abusé de diverses manières de ceux qui leur étaient confiés.


Seigneur, nous te prions pour toutes les victimes de ces mauvais pasteurs ; viens toi-même les soigner et les guérir de leurs blessures ; viens les chercher et les rassembler.


Seigneur, nous te prions pour qu’il n’y ait plus de mauvais pasteurs, que ton Église soit une maison sûre, un vrai bercail où les fidèles soient en sécurité et bien traités.

 



Méditation du mardi 18 août



Une parole 


Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume des Cieux. (Matthieu 19,24)



Un regard 


Cette sentence de Jésus est bien mystérieuse. Il y a en effet une telle disproportion entre les deux éléments mis en relation – le chameau et le trou d’une aiguille – qu’elle paraît incongrue voire absurde. Évidemment, diverses explications ont été proposées. On dit parfois que le trou de l’aiguille serait une porte de Jérusalem particulièrement étroite où les chameaux ne pouvaient passer qu’en enlevant leur chargement. La mention du trou de l’aiguille peut aussi faire penser que, plutôt que le chameau animal, Jésus penserait à la laine épaisse du chameau qui a du mal à passer par un trou de l’aiguille. On peut aussi remarquer qu’en hébreu, la troisième lettre de l’alphabet hébraïque guimel a la forme d’un chameau, gamal, symbole de richesse – elle pour valeur numérique trois – et que l’une des explications proposées pour la forme de la dix-neuvième lettre de l’alphabet hébreu dont la valeur numérique est cent, qoph, est le trou d’une aiguille. Le chameau qui passe par le trou d’une aiguille pourrait donc signifier le passage de la lettre guimel à la lettre qoph ou le passage du nombre trois au nombre cent. Or justement, dans la suite de l’évangile, Jésus promet aux disciples qui ont renoncé à tous leurs biens le centuple. Pour atteindre la lettre qoph, pour recevoir le centuple, il faut se dépouiller de ses chameaux, de ses richesses.



Une prière 


Prions le Seigneur qui nous invite à renoncer à nos richesses pour recevoir le centuple.


Seigneur, apprends-nous à nous dépouiller de nos richesses matérielles au profit de ceux qui n’ont rien.


Seigneur, apprends-nous à partager nos savoirs et nos compétences.


Seigneur, garde-nous de la tentation d’accumuler pour nous-mêmes des biens ou des savoirs.

 


Une parole 


Par ta sagesse et ton intelligence tu as fait fortune, tu as accumulé l’or et l’argent dans tes trésors. Par ton génie du commerce, tu as multiplié ta fortune, et à cause de cette fortune ton cœur s’est exalté.  (Ézéchiel 28,4-5)



Un regard 


Lorsque l’on fait fortune, que l’on acquiert par son travail et son intelligence des biens et du pouvoir, on peut se croire tout-puissant. C’est ce que dénonce le prophète Ézéchiel à propos du prince de Tyr, qui régnait dans l’actuel Liban. Mais l’on peut dire aussi que ces propos ont une forte actualité. Aujourd’hui beaucoup de personnalités enrichies par le développement de nouvelles technologies financent des recherches dans le domaine du transhumanisme, rêvent d’une vie biologique devenu infinie, éternelle. Ils se prennent pour des dieux… Malheureusement, tout comme les rêves de puissance du roi de Tyr s’étaient finis tragiquement, les différentes crises de notre monde actuel semblent sonner le glas du rêve transhumaniste.



Une prière 


Prions notre Seigneur, le seul vrai Dieu afin qu’il nous préserve de la tentation de nous prendre pour des dieux.


Seigneur, donne-nous une juste appréciation des nouvelles technologies ; garde-nous de croire qu’elles apporteront la solution à tous nos problèmes, garde-nous de les rejeter indistinctement.


Seigneur, préserve-nous de la tentation d’idolâtrer la richesse.


Seigneur, aide-nous à adopter un mode de vie plus sobre et plus respectueux de Ta création.




Méditation du lundi 17 août



Une parole 


Je vais profaner mon sanctuaire, votre orgueil et votre force, la joie de vos yeux, la passion de votre cœur. (Ézéchiel 24,21)



Un regard 


Souvent dans le livre d’Ézéchiel, le sort personnel du prophète préfigure ce qui va arriver au peuple d’Israël. Ici la perte subite de ce que le prophète a de plus cher, sa propre épouse, est une préfiguration de la destruction de ce que le peuple d’Israël a de plus cher, le Temple de Jérusalem, qui va être détruit par les armées babyloniennes au terme du deuxième siège de la cité et, de même que sur l’ordre du Seigneur, le prophète n’a pas pleuré la mort de sa femme, la communauté des Juifs déjà exilés à Babylone à la suite du premier siège de Jérusalem ne pleurera pas la destruction du Temple lors du deuxième siège. Le Temple n’était pas seulement un sanctuaire religieux, c’était le lieu central sur lequel se fondait l’identité juive. Désormais cette identité devra se fonder sur autre chose et se reconstruira à partir de la communauté en exil. Le livre d’Ézéchiel accompagne cet effort de reconstruction identitaire en suggérant que la gloire du Seigneur a quitté le temple et est désormais présente auprès de la communauté en exil. D’une certaine manière, notre époque ressemble à celle d’Isaïe car certaines institutions qui nous étaient chères, qui semblaient symboliser notre identité chrétienne, sont aujourd’hui en grandes difficultés. Elles ont perdu leur dynamisme et ne sont plus des lieux où Dieu est véritablement présent. Nous sommes donc sans cesse appelés à nous réinterroger sur les vrais lieux de la présence de Dieu en notre monde. 



Une prière 


Prions le Seigneur notre Dieu afin qu’il nous fasse découvrir les nouveaux lieux de sa présence en notre monde.


Seigneur, donne-nous de mettre notre orgueil, notre force, dans tous les gestes de charité accomplis chaque jour en ton nom.


Seigneur, que les merveilles de ta création soient la joie de nos yeux et que nous consacrions toute notre énergie à la préserver.


Seigneur, que la méditation et l’annonce de ta parole dans notre monde soient la passion de notre cœur. ’

 


Une parole 


« Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? Celui qui est bon, c’est Dieu, et lui seul ! Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. » (Matthieu 19,17)



Un regard 


Le jeune homme riche semble, a priori, poser une bonne question. Et, pourtant, Jésus s’efforce de lui démontrer que ce n’est pas le cas. Le jeune homme riche prétend faire quelque chose de bon pour avoir la vie éternelle ; Jésus lui fait remarquer que n’est bon que Dieu seul, qu’il ne peut donc prétendre faire quelque chose de bon ; que la vie éternelle n’est pas un bien que l’on acquière mais un lieu où l’on entre et, pour y entrer, il faut observer des commandements qui sont essentiellement des commandements négatifs. Avant de faire quelque chose de bon, il faut d’abord commencer par éviter de faire le mal. Jésus nous invite donc à abandonner la logique méritoire du « travailler plus pour gagner plus » qui est celle du jeune homme riche. Il ne s’agit pas de gagner la vie éternelle en faisant des bonnes œuvres mais de se rendre disponible pour l’accueillir comme un don gratuit en évitant d’abord de faire le mal puis, si l’on veut aller jusqu’au bout de cette logique, en renonçant à ses biens pour les donner aux pauvres. À la logique marchande où il faut payer un prix pour acquérir, Jésus propose de substituer la logique du don gratuit, donner gratuitement pour que l’on nous donne gratuitement.



Une prière 


Prions le Dieu bon qui nous ouvre gratuitement les portes de la vie éternelle.


Seigneur, toi seul est bon ; garde-nous de faire le mal.


Seigneur, nous n’avons aucun mérite devant Toi ; comble-nous de ta grâce.


Seigneur, tout ce que nous avons vient de toi ; apprends-nous à le laisser à ceux qui n’ont rien.


Proposé par Fr. Antoine-Frédéric