Méditation du samedi 9 mai
Une parole
Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous.
Une prière
Lors de son dernier entretien avec ses disciples, Jésus évoque leur rapport avec le monde. Le terme « monde » dans l’évangile selon saint Jean est un terme ambigu qui peut avoir un sens neutre ou franchement négatif. Ici, le monde doit être compris au sens négatif du terme comme une réalité du pouvoir du diable « du prince de ce monde » et qui s’oppose à Dieu. Les disciples ont été choisis par Jésus dans le monde, cela veut dire que Jésus les a retirés du pouvoir du prince de ce monde et les en a libérés. Mais quel est ce monde dont Jésus libère ses disciples ? Pour bien le comprendre, il convient de remarquer, me semble-t-il, que Jésus prononce cette parole après avoir commandé à ses disciples de s’aimer les uns les autres. Il me semble que le monde, c’est la rivalité des uns contre les autres, la compétition entre tous. Les disciples ont été retirés de ce monde fondé sur la loi du plus fort pour construire un monde nouveau fondé sur l’amour fraternel et la solidarité. Le monde n’aime pas ceux qui ne respectent pas ses « règles » – la loi du plus fort et de l’écrasement du plus faible – et c’est pourquoi le monde les hait.
Une prière
Prions le Seigneur Jésus qui nous a choisis en nous prenant dans le monde.
Seigneur Jésus, préserve-nous d’adhérer à l’esprit du monde, à l’esprit de compétition effréné, à la loi du plus fort qui écrase les plus faibles.
Seigneur, donne-nous de faire progresser en ce monde l’esprit de ton Royaume, l’esprit de solidarité d’amour mutuel et de protection des plus faibles.
Seigneur, donne-nous de résister à la tentation de haïr ceux qui défendent l’esprit du monde ; donne-nous de prier pour leur conversion et de travailler à celle-ci.
Une parole
Pendant la nuit, Paul eut une vision : un Macédonien lui apparut, debout, qui lui faisait cette demande : « Passe en Macédoine et viens à notre secours. » À la suite de cette vision de Paul, nous avons aussitôt cherché à partir pour la Macédoine, car nous en avons déduit que Dieu nous appelait à y porter la Bonne Nouvelle.
Un regard
Le passage de Paul et Silas en Macédoine marque une étape décisive dans la mission apostolique puisque, pour la première fois, la Bonne Nouvelle va être prêchée sur le continent européen. Pourtant cette évolution décisive n’est pas du tout le fruit d’un plan réfléchi à l’avance. Elle est décidée spontanément suite à une vision de Paul qui y voit un signe de Dieu. Plus encore, ce passage en Macédoine intervient après ce qui semble être, à vue humaine, une série d’échecs où Paul n’a pas pu mener la mission dans les lieux où il avait projeté de le faire. Saint Luc nous dit que l’Esprit Saint s’y est opposé sans que l’on sache concrètement ce que cela signifie : peut-être d’autres missionnaires étaient-ils déjà présents et Paul n’a-t-il pas voulu leur faire de concurrence. En tout cas, ce texte nous indique que ce n’est pas un plan bien conçu qui est le gage du succès de la mission mais l’attention et la disponibilité aux appels de l’Esprit.
Une prière
Prions le Seigneur qui nous appelle à porter la Bonne Nouvelle en des lieux inattendus.
Seigneur, préserve-nous de la tentation de nous en tenir à nos schémas préconçus, à non plans établis d’avance sans vouloir en déroger, sans vouloir nous laisser déranger.
Seigneur, aide-nous aux signes des temps, aux messages que tu places sur nos chemins de vie pour orienter notre démarche missionnaire.
Seigneur, rends-nous disponibles aux sollicitations de l’Esprit, prêts à nous laisser déranger par des demandes inattendues qui peuvent se révéler pleines de fécondité.
Méditation du vendredi 8 mai
Une parole
Mon commandement le voici : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Un regard
La Loi de Moïse comprenait six cent treize commandements. Jésus n’en donne qu’un seul à ses disciples lors de son entretien avec eux : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Ce n’est d’ailleurs pas un commandement tout à fait nouveau puisque Moïse avait commandé d’aimer son prochain comme soi-même. La nouveauté introduite par Jésus, et qui rend ce commandement encore plus exigeant, est que la mesure que l’on doit porter aux autres n’est plus l’amour que l’on porte à soi-même mais l’amour que Jésus a porté à ses disciples. Or Jésus a aimé ses disciples jusqu’à donner sa vie pour eux sur la croix. Nous sommes donc invités à donner nous-mêmes notre vie pour les autres. Cela n’implique pas obligatoirement de donner sa vie pour qu’un autre puisse vivre, comme a pu le faire saint Maximilien, mais plus généralement de ne pas vivre pour soi-même mais pour les autres.
Une prière
Prions notre Seigneur Jésus qui nous a aimés jusqu’à mourir pour nous sur la croix.
Seigneur Jésus, apprends-nous à aimer nos frères comme tu nous as aimés, à montrer par notre amour mutuel que tu es présent parmi nous.
Seigneur Jésus, apprends-nous à donner notre vie pour les autres, à ne pas nous attacher à notre petit moi, à nos propres intérêts et à nos propres volontés mais à redonner la vie que nous avons reçue de Toi.
Seigneur, change nos regards sur nos frères pour que nous puissions les aimer vraiment ; apprends-nous à voir tout ce qu’ils font de bien pour les autres.
Une parole
L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci, qui s’imposent : vous abstenir des viandes offertes en sacrifices aux idoles, du sang, des viandes non saignées et des unions illégitimes.
Un regard
On pourrait s’étonner de ce que les Apôtres, après avoir renoncé d’imposer la circoncision aux païens qui veulent devenir chrétiens, leur interdisent la consommation du sang et des viandes non saignées. Il me semble qu’il convient de replacer cette interdiction dans une perspective vétérotestamentaire, on pourrait même dire juive. En effet, dans l’Ancien Testament, l’alliance avec Abraham, dont témoigne la circoncision, n’est pas la première alliance conclue par Dieu avec un homme. Elle est précédée par l’alliance conclue par le Seigneur avec Noé, juste après le déluge. Dans la tradition juive, cette première alliance est considérée comme conclue avec toutes les nations, par opposition avec la seconde alliance conclue avec Abraham qui concerne les seuls Juifs. Or le commandement que le Seigneur donne à Noé en concluant cette seconde alliance est de s’abstenir du sang et de ne pas manger la chair des animaux avec le principe de vie qu’est le sang. Les Apôtres, raisonnant dans une perspective juive, ne veulent pas imposer aux convertis au christianisme les obligations propres au peuple juif mais, en revanche, ils leur interdisent la consommation du sang car ils considèrent que c’est un interdit valable pour tous les peuples.
Une prière
Prions le Seigneur notre Dieu qui a multiplié les alliances avec les hommes.
Seigneur, après le déluge, tu as conclu une alliance avec Noé fondée sur le respect de la vie ; apprends-nous, Seigneur, à respecter tous les êtres vivants et à protéger ta Création menacée par notre activisme désordonné.
Seigneur, tu as conclu une alliance avec Abraham et sa descendance ; donne à tous ceux qui se revendiquent de la descendance d’Abraham d’y demeurer fidèles.
Seigneur, en ton fils Jésus Christ, tu as conclu une alliance définitive fondée sur l’amour ; donne-nous de nous aimer les uns les autres comme ton Fils nous a aimés afin que nous soyons signes de ta présence en ce monde.
Méditation du jeudi 7 mai
Une parole
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.
Un regard
Lors de ce dernier entretien de Jésus avec ses disciples, ceux-ci sont dans la peine en raison de leur prochain départ. Leur cœur est troublé par cette séparation. Et, pourtant, Jésus leur parle de joie, d’une joie parfaite. La joie, ils la connaîtront le soir du premier jour de la semaine lorsque Jésus ressuscité se manifestera à eux. Ils seront dans la joie. Mais cette joie qui provient de la vision physique de Jésus ressuscité n’est pas encore la joie parfaite qu’évoque ici Jésus. La joie parfaite vient quand on n’a plus besoin de voir physiquement Jésus puisqu’on a la certitude de demeurer en son amour, de demeurer en Lui et que Lui demeure en nous. On ne peut plus alors connaître la tristesse de la séparation. On est toujours avec Jésus, dans la joie.
Une prière
Prions notre Seigneur Jésus pour qu’il nous donne sa joie et que notre joie soit parfaite.
Seigneur, viens chasser de nos cœurs le trouble provoqué par la séparation de ceux que l’on aime.
Seigneur, fais grandir en nos cœurs l’amour, que nous restions toujours unis à toi et à nos frères par les liens de la charité.
Seigneur, donne-nous de connaître la joie parfaite par l’union avec Toi et avec ton Père dans la plénitude de la charité.
Une parole
Maintenant, pourquoi donc mettez-vous Dieu à l’épreuve en plaçant sur la nuque des disciples un joug que nos pères et nous-mêmes n’avons pas eu la force de porter ? Oui, nous le croyons, c’est par la grâce du Seigneur Jésus que nous sommes sauvés, de la même manière qu’eux.
Un regard
Dans ce discours qu’il tient lors de l’assemblée de Jérusalem, tel que nous le rapporte saint Luc dans les actes des Apôtres, saint Pierre propose une argumentation proche de celle développée par saint Paul dans ses épîtres. Il insiste sur le fait que le salut est donné gratuitement à tous en Jésus Christ, que l’on soit juif ou païen. Ce n’est pas l’observance de la Loi qui conditionne le salut. D’ailleurs, l’expression qu’utilise Pierre pour désigner la Loi « un joug que nous-mêmes et nos pères n’ont pas la force de porter » suggère l’incapacité des hommes à observer pleinement la Loi et, de ce fait, l’incapacité de celle-ci à procurer le salut. C’est justement parce que les hommes étaient incapables d’observer la Loi et que celle-ci ne pouvait leur procurer le salut que Jésus, par sa mort, a procuré à tous, gratuitement, le salut.
Une prière
Prions notre Seigneur Jésus qui, par sa mort et sa résurrection, nous a procuré gratuitement le salut.
Préserve-nous, Seigneur, de la tentation de croire que nous pouvons nous sauver nous-mêmes en obéissant à des lois et à des commandements.
Seigneur, donne-nous de reconnaître que c’est par grâce que tu nous as sauvés sans aucun mérite de notre part.
Seigneur, donne-nous d’accueillir les nouveaux croyants, les convertis, sans nous croire supérieurs à eux.
Proposé par le Fr. Antoine-Frédéric