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La forêt : un bien commun et indispensable!
Comment en sommes nous arrivés à oublier l'essentiel?
L'arbre que l'on abat sans trop réfléchir, car il est trop grand et nous empêche de voir plus loin. Il va être utile à nous chauffer cet hiver! Dans les cours d'école... Trop dangereux! Et combien encore de raisons pour nous donner bonne conscience.
Dans mon département des sociétés au nom très écolo, ( E-CHO, BIOCHAR...) se targuent de permettre à la zone industrielle de Lacq de renaître!!!!
Pour cela ils proposent de couper du bois dans les Pyrénées et ainsi fabriquer du kérozen vert pour faire voler les avions.
Mais NON! Les arbres sont nos poumons, sont nos garanties que la planète ne va pas nous bruler avec des canicules successives.
La création donnée par Dieu à l'Homme, est en danger, je fais une prière pour que cesse cette course à la production pour toujours aller plus vite et plus..., toujours plus!
Mon Dieu, ouvre les yeux aux humains pour qu'ils respectent ta création pour permettre qu'elle nous accompagne encore longtemps et nous donne la vie en abondance.
Dominique

Le livre de Jean-Pierre Longeat, Être moine aujourd’hui, une vie alternative résonne avec une singulière acuité, non pas uniquement dans la sphère religieuse, mais dans un moment où semblent vaciller plus largement : notre capacité à nous engager durablement, à habiter le silence, et à assurer une continuité intérieure.
Car la question des vocations — qu’elles soient monastiques, dans le monde professionnel ou dans la vie personnelle — dépasse largement les cadres institutionnels. Ne toucherait-elle pas à une anthropologie de l’attention ?
Le véritable enjeu du XXIe siècle ne sera peut-être pas seulement la transition énergétique, mais aussi — et peut-être surtout — la préservation des conditions intérieures de l’humanité : celles sans lesquelles il devient difficile de maintenir une unité intérieure, une continuité d’engagement et une profondeur de présence au monde.
L’attention n’est pas seulement une fonction cognitive. Elle organise silencieusement notre rapport au réel : ce que nous percevons, ce que nous retenons, ce que nous approfondissons, ce que nous devenons.
Lorsqu’elle se fragilise, ce n’est pas uniquement la concentration qui diminue. C’est la continuité même de l’expérience humaine qui devient plus instable et qui risque de n’être plus qu’une succession de moments juxtaposés sans inscription durable et sans cohérence.
Or, notre société semble produire une forme d’expérience marquée par la discontinuité : saturation de sollicitations, notifications, scrollings incessants, engagements plus courts, trajectoires plus fragmentées, alors même que toute vocation — au sens fort du terme — suppose précisément l’inverse : une capacité à demeurer, à traverser la durée, à laisser une transformation intérieure s’opérer dans le temps.
C’est là que le livre de Jean-Pierre Longeat, prend une portée anthropologique particulière.
Le monde monastique incarne une forme de vie attentive à certaines dimensions fondamentales de l’existence humaine :
• le silence,
• le rapport au temps,
• la stabilité,
• la limitation volontaire de la dispersion,
• la primauté de la présence.
et manifeste qu’il n’est pas un autre monde mais une autre manière d’habiter le même monde.
Des questions s’imposent alors :
- Est-il pertinent de parler de crise des vocations ? Ou plutôt d’une crise des conditions nécessaires à l’émergence d’une vocation ?
- Y a-t-il érosion du désir vocationnel voire spirituel ou transformation des conditions qui rendent ce désir durable ?
- Dans un monde où tout change en permanence : informations, projets, jobs, relations, priorités, le problème est-il le “sens” (les individus le cherchent toujours, ils en parlent d’ailleurs beaucoup !) ou le fait que nous n’arrivons plus à tenir une même direction suffisamment longtemps pour nous laisser façonner vraiment ?
- Quelles conditions rendent encore possible une vie intérieure suffisamment ancrée pour qu’une vocation puisse émerger, mûrir et durer ?
Le livre de Jean-Pierre Longeat en traitant de la vie monastique, moins comme une exception que comme un lieu d’observation privilégié de la primauté de la profondeur humaine sur l’immédiateté, convoque donc notre créativité :
quelles formes de vie devons-nous désormais inventer individuellement et collectivement pour redevenir capables de profondeur dans un monde de dispersion ?
Catherine
Ici, on peut apporter son casse-croûte
Nouveau bistrot dans le village. On lit sur la vitrine : « Ici, on peut apporter son casse-croûte. »
C’est un lieu sans chichis. Chacun vient comme il est, avec dans sa besace ce qui devrait le rassasier.
On peut y apporter aussi sa petite tranche de vie : elle se partage sur le zinc.
L’auberge du Bon Dieu doit ressembler à ça. Il ne faut pas s’attendre à des étoiles. Il n’est pas rare que la vie apportée en millefeuilles avec ses prières en miettes ait certains jours un petit goût de vieux : non pas que ce soit immangeable, c’est seulement un peu rassis.
Vieilles croûtes bien emballées des habitudes de l’avant-veille que l’on transporte de jour en jour, de ces itinéraires tellement balisés qu’on ne risque plus de se perdre ni de trouver quoi que ce soit de neuf.
Croûtes du cœur : sécheresses installées, pardons remis à plus tard, élans qu’on a rangés parce qu’ils dérangeaient nos agendas.
Allez, croûtes de l’Église aussi quand elle oublie qu’elle est une table ouverte et se transforme en une salle à manger où chacun mange toujours à la même place. À ce comptoir, il n’est pas rare que l’on consomme sans appétit.
Au bistrot de la vie, Jésus ne fait pas que bénir nos repas. Il casse la croûte en s’attaquant à ce qui durcit, à ce qui commence à moisir sous le papier bien plié de nos certitudes : « Est-ce que cela te nourrit encore vraiment ? » se risque-t-il à dire…
Avec le pain, il rompt aussi tout ce qui enferme. Il casse la croûte des évidences, quand tout le monde pense savoir qui a sa place à table et qui ferait mieux d’aller manger ailleurs.
Il casse la croûte des pratiques installées : ces « on a toujours fait comme ça » qui tiennent parfois lieu d’Évangile, faute de mieux. Il casse la croûte de nos sécurités spirituelles : cette petite religion transportable dans des boîtes à tartines desquelles rien ne déborde plus jamais.
Pour que sa vie circule
Osons le dire : il ne respecte pas toujours ce que nous mettons sur le comptoir. Il pousse l’impertinence jusqu’à ce geste que nous avons bien trop domestiqué : l’eucharistie. Il y a quelque chose d’incongru à l’appeler « repas » quand elle devient ce moment correct et maîtrisé, où tout doit être en ordre, calibré et prévu.
Chacun s’avance, reçoit et retourne à sa place. Mais si l’on gratte un peu la croûte, on redécouvre le geste bouleversant de Jésus : il prend le pain, il rend grâce, il le rompt et le donne.
Nous n’avons pas le choix : pour que sa vie circule, il faut casser la croûte. À quelques jours de l’Ascension et de la Pentecôte, il vient mettre du désordre dans nos affaires. Il disparaît du paysage : drôle de façon de faire au moment où l’on pourrait le tenir en certitudes. Comme s’il cassait la dernière croûte : celle d’un Dieu que l’on pourrait garder sous la main.
Et puis l’Esprit s’en mêle : finies les tables alignées, finie l’allée centrale par laquelle il nous faut avancer avant de rejoindre nos places par les allées latérales ! Finie la langue unique. Ça parle dans tous les sens, ça sort, ça bouge, ça déborde.
Ce « casseur de croûtes » travaille de l’intérieur pour fissurer ce qui s’est refermé. Il ouvre des brèches. Il remet du mouvement. Il refuse le tel quel. Il nous laisse une étrange promesse : notre pain quotidien peut devenir rassasiant, à condition de consentir à ce qu’il soit rompu. Si vous allez dans mon bistrot, ne soyez pas surpris de voir un inconnu s’asseoir à votre table et avec vous casser la croûte. Laissez-le vous apprendre à savourer la foi et à goûter la vie tout autrement.
Raphaël BUYSE Prêtre du diocèse de Lille
Chronique spirituelle de la Vie
Réflexion de Muriel Bodin, Avocate
La saturation d’images et de discours autour de Donald Trump est une technique de pouvoir par l’occupation de l’espace mental : elle capte l’attention, active la peur et colonise l’imaginaire politique, au risque d’épuiser les consciences et de nourrir un régime intérieur de sidération.
Il est pourtant possible de transformer cette captation en occasion de lucidité, de réappropriation de l’attention et de passage d’une " politique de la peur" à une éthique de la conscience.
1. Comprendre le pouvoir de la peur
- Des travaux en psychologie politique montrent que les leaders autoritaires utilisent la peur (criminalité, immigration, menace économique, mort) pour renforcer l’adhésion, polariser et détourner l’attention des enjeux structurels.
- Les médias, en relayant en continu ces messages, alimentent un « syndrome du monde dangereux » : les individus perçoivent la réalité comme plus menaçante qu’elle ne l’est, ce qui altère le jugement et la délibération.
- Cette surenchère émotionnelle provoque anxiété, sentiment d’impuissance, colère diffuse, parfois jusqu’à ce que des cliniciens parlent d’« anxiété liée à Trump » ou à la politique.
2. Reprendre la souveraineté de l’attention
- La première réponse éthique consiste à reconquérir son attention : limiter le temps passé devant les flux d’actualités, éviter le « scroll » sans fin, mettre des plages sans écrans, réduire les notifications.
- Choisir quelques sources d’information identifiées, pluralistes, et refuser les contenus qui exagèrent, dramatisent ou spéculent au lieu d’informer permet de désactiver une partie de la mécanique de peur.
- Les recherches montrent qu’une approche « mindful » de l’actualité – se demander avant, pendant et après l’exposition comment l’information affecte l’état intérieur – réduit la vulnérabilité psychique.
3. Sortir du régime intérieur de peur
- La peur fonctionne d’autant mieux qu’elle est subie et non reconnue : mettre des mots sur ce qui est ressenti (peur, colère, tristesse, fatigue) redonne un pouvoir de choix et ouvre un espace de réponse consciente.
- Les psychologues insistent sur l’importance d’un « état de base » suffisamment stable (sommeil, liens sociaux, activités de sens) pour que les mauvaises nouvelles ne débordent pas tout le psychisme.
- Une posture spirituelle d’observateur – voir les informations comme des objets de conscience, et non comme une vérité absolue sur le monde – permet de ne plus confondre climat médiatique et réalité totale du vivant.
4. Transformer l’information en action éthique
- Les études suggèrent que se sentir agent de sa vie et de ses engagements réduit l’effet paralysant de la peur : transformer l’indignation en gestes concrets (civiques, associatifs, professionnels) protège la santé mentale.
- Plutôt que nourrir sans cesse la figure d’un homme, il est possible de déplacer l’attention vers les systèmes : inégalités, institutions, règles médiatiques, et de soutenir celles et ceux qui créent des alternatives justes.
- Dans les échanges publics, la pratique d’une parole non violente, centrée sur les faits et sur la dignité de chacun, agit comme un contre-discours à la brutalité et contribue à décrisper le débat démocratique.
5. Vers une éthique de la conscience médiatique
- De nombreux auteurs estiment insuffisant de se limiter à la « littératie médiatique » et appellent à de véritables réformes institutionnelles pour limiter la manipulation de masse par la peur.
- À l’échelle individuelle et collective, il s’agit de développer une éthique de la conscience : cultiver lucidité, compassion, discernement, et créer des espaces où l’information sert la vie, la justice et la liberté plutôt que l’angoisse.
- Dans cette perspective, chaque personne qui veille à la qualité de son attention, de sa parole et de ses choix médiatiques devient déjà un contre-pouvoir vivant au régime de la peur et un levier de ré-humanisation du politique.
Cela est vrai dans tous les espaces où le pouvoir s exerce: entreprises, collectivités, famille, communautés de toutes sortes.
Il y a une éducation à l éthique de la conscience de l information et de la conscience tout court, des tout-petits au plus hauts sommets des vanités.
En 1942, un psychiatre, Viktor Frankl, arriva dans un camp de concentration nazi sans rien qui puisse le sauver. Ni influence, ni protection, ni avenir apparent.
Les gardes agirent avec une rapidité habituelle. Ils lui rasèrent la tête, remplacèrent son nom par un numéro, le 119.104. Ils fouillèrent son manteau et trouvèrent ce qui comptait le plus pour lui : un manuscrit cousu dans la doublure, des années de recherches, le travail qu'il croyait définir sa vie. Ils le déchirèrent et le jetèrent dans le feu.
À leurs yeux, l’acte était complet. L’homme avait été effacé. Son métier, sa dignité, son passé, tout avait disparu. Ce qui restait était un corps attendant la fin.
Ils se trompaient.
En détruisant tout ce qu’il possédait, ils forcèrent Viktor Frankl à affronter une chose qu’ils ne pouvaient toucher.
Quelques mois plus tôt, à Vienne, Frankl avait reçu une offre de sortie : un visa pour les États-Unis. La sécurité. Un futur. Il était déjà un psychiatre respecté, avec une pratique en pleine expansion et une femme qu’il aimait profondément. Mais ce visa ne concernait que lui. Ses parents en étaient exclus.
S’il partait, ils seraient presque certainement capturés. S’il restait, il irait avec eux.
En pesant cette décision, il remarqua un petit morceau de marbre sur le bureau de son père. Il avait été sauvé d’une synagogue détruite par les nazis. Gravée dessus, une citation des Dix Commandements : "Honore ton père et ta mère."
Frankl laissa expirer le visa.
Peu après, un coup frappé à la porte annonça leur arrestation.
Il fut d’abord envoyé à Theresienstadt, puis à Auschwitz, et enfin à Dachau. Les camps n’étaient pas seulement conçus pour tuer le corps, mais pour vider l’esprit. Les prisonniers dormaient entassés sur des planches en bois. La nourriture se résumait à une soupe claire et un bout de pain. Le travail consistait à affronter la boue glacée, à endurer des heures sans fin, et à être puni pour tout signe de faiblesse.
En tant que médecin, Frankl commença à observer quelque chose qui ne suivait pas la logique habituelle de la survie. Les hommes les plus forts mouraient souvent les premiers. D’autres, qui semblaient à peine vivants, survivaient d’une manière inexplicable.
Les gens ne mouraient pas seulement de faim ou de maladie. Ils mouraient parce qu’ils n’avaient plus de raison de vivre.
Les médecins des camps avaient même un nom pour cela : la "maladie du don de soi".
Cela suivait un schéma. Un prisonnier cessait de se laver. Puis il ne se tenait plus droit. Enfin, il faisait un geste qui signalait la fin : il fumait sa propre cigarette.
Les cigarettes étaient une monnaie d’échange. Elles pouvaient être échangées contre de la soupe. La soupe signifiait un jour de plus. Quand un homme fumait sa propre cigarette, il déclarait que demain n’avait plus d’importance.
Quelques jours plus tard, il était mort.
Frankl se souvint d’une phrase de Nietzsche : "Celui qui a un pourquoi peut endurer n’importe quel comment."
Ainsi, le prisonnier 119.104 entama une rébellion invisible à tous les gardes.
Puisque son manuscrit avait disparu, il le réécrivit dans son esprit. Tandis qu’il marchait dans la neige avec des chaussures déchirées, il s’imaginait debout dans une salle de conférence chaleureuse, expliquant la psychologie des camps à des étudiants qui n’étaient pas encore nés. Son corps était présent. Son esprit refusa de rester là.
Il pensait constamment à sa femme, sans savoir si elle était encore vivante. Pourtant, il lui parlait silencieusement. Il visualisait son visage. L’amour qu’il ressentait devenait quelque chose de solide en lui, intact par les barbelés et les coups.
Il commença à aider les autres à trouver leurs raisons de vivre. Il s’agenouillait près des hommes effondrés et leur posait une simple question :
"Qu’est-ce qui vous attend ?"
Un homme parlait d’un enfant dans un autre pays. Un autre de recherches laissées inachevées. Frankl leur rappelait que leur vie contenait encore des obligations, même ici.
Parfois, cela suffisait à les faire tenir jusqu’au prochain appel.
En avril 1945, les camps furent libérés.
Frankl en sortit pesant 38 kg. Son corps était ruiné, mais il était en vie.
La liberté apporta la nouvelle qu’il redoutait. Sa femme était morte. Ses parents étaient morts. Son frère était mort. Tous ceux pour qui il était resté étaient partis.
Il était complètement seul.
Plutôt que de se rendre, il s’assit et écrivit.
Il écrivit avec urgence, reconstruisant le manuscrit que les nazis avaient détruit, maintenant façonné par ce qu’il avait vécu. En neuf jours, il acheva un livre qu’il ne pensait pas que quiconque lirait.
"Man’s Search for Meaning."
Il voulut le publier anonymement, signé uniquement de son numéro de prisonnier. Les éditeurs rejetèrent le manuscrit au départ. Ils disaient que c’était trop douloureux. Que le monde voulait tourner la page.
Mais le livre trouva des lecteurs malgré tout.
Une veuve trouva une raison de se lever. Un homme d’affaires ruiné trouva la volonté de recommencer. Un étudiant au bord du désespoir trouva une raison de rester.
Le livre se répandit dans différents pays et générations. Il se vendit à des millions d'exemplaires et fut traduit en dizaines de langues. La bibliothèque du Congrès le classa plus tard parmi les livres les plus influents de l’histoire américaine.
Frankl vécut jusqu’en 1997. Il obtint un brevet de pilote dans ses soixante ans. Il gravit des montagnes tout au long de sa vie. Il se remaria et éleva une fille. Il bâtit une vie façonnée par le sens plutôt que la perte.
Son héritage ne se résumait jamais à son livre.
C’était la vérité qu’il avait rapportée des camps.
Tout peut être pris à un être humain. Possessions. Santé. Famille. Liberté.
Mais une chose reste.
La liberté de choisir comment vous réagissez à ce qui vous arrive.
Les nazis ont essayé de réduire Viktor Frankl à un numéro. À la place, il transforma la souffrance en une lentille qui a aidé des millions de gens à comprendre comment vivre.
Nous ne sommes pas définis par ce qui nous est fait.
Nous sommes définis par ce que nous choisissons de faire avec ce qu’il reste.
07.05.2020 14:14