QUESTIONS SUR LA FOI

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Texte de Henri de Lubac

proposé par Suzanne S.



L'Eglise est un mystère c'est-à-dire " lieu total des sacrements chrétiens ". Elle est ici-bas le sacrement de Jésus-Christ, comme Jésus-Christ lui-même est pour nous, dans son humanité, le sacrement de Dieu."

L'Eglise a pour fin de nous montrer le Christ, de nous mener à Lui, de nous communiquer sa grâce; bref, elle n'existe que pour nous mettre en rapport avec Lui. Seule elle peut le faire, et jamais elle n'a fini de le faire. Si le monde perdait l'Eglise, il perdrait la Rédemption.

Le Nouveau Testament, qui a fondé l'Eglise en lui donnant l'héritage d'Israël, est aussi le "Testament dernier ". " L'Eglise n'est pas comme était la Loi, un pédagogue, "l'éducation divine "dont elle est chargée auprès de nous a la même durée que le temps lui-même.

Depuis que Jésus a été glorifié, L'Esprit nous a été donné, et c'est ce don de l'Esprit au jour de la Pentecôte qui acheva de constituer l'Eglise.

L'Eglise est le sacrement de Jésus-Christ , cela veut dire qu'elle est avec Lui dans un certain rapport d'identité mystique. Tête et membres ne font qu'un seul corps, un seul Christ. Elle est son achèvement et sa " plénitude ". Elle est encore le Tabernacle de sa présence. Elle est l'édifice dont il est l'Architecte et la clé de voûte. Elle est le Temple où il enseigne et où Il attire avec toute la Divinité. Elle est ce vaisseau, cette Arche dont il est le Mat central. Elle est le Paradis, dont Il est l'arbre et la source de vie.

Croyons toujours avec saint Jean qu'il est impossible d'entendre l'Esprit sans écouter ce qu'Il dit à l'Eglise. Sachons comprendre l'axiome que déjà formulait Origène : Extra Ecclesiam nemo salvatur, (personne ne peut être sauvé en dehors de l'Eglise )

Avec saint Jean Chrysostome : " Ne te sépare point de l'Eglise ! Aucune puissance n'a sa force. Ton espérance, c'est L'Eglise. Ton salut c'est l'Eglise. Ton refuge c'est l'Eglise. Elle est plus haute que le ciel et plus large que la terre. Elle ne vieillie jamais : sa vigueur est éternelle ".




Texte de Henri de Lubac

Proposé par Suzanne S.


" Si donc le Credo nous donne, plus ou moins développé, le contenu essentiel de la foi, l'acte de foi que le Credo suppose, nous en donne la forme, et les termes mêmes dans lesquels est formé ce Credo montrent assez que ce contenu, sans cette forme, serait non seulement théorie vaine, mais mensonge. Bref je peux dire: Credo in Deum parce que j'ai dit d'abord : Credo in Te , Deus meus.
Saint Paul rappelait aux chrétiens de Corinthe : " Possédant ce mêmeesprit de foi dont il est écrit : 'J'ai cru et c'est pourquoi j'ai parlé', nous croyons nous aussi, et c'est pourquoi nous parlons '. Et aux chrétiens de Rome : "La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton coeur, c'est la parole de la foi que nous prêchons. C'est avec le coeur que l'on croit pour la justice, et c'est avec la bouche que l'on confesse pour le salut. "

Cardinal Henri de Lubac ....La foi chrétienne. page 371

.


Texte de Henri de Lubac

Proposé par Suzanne S.


Croire au plein sens du mot, tel qu"il se dégage à partir du symbole, c'est-à-dire croire d'une manière absolue , définitive, qui engage et oriente le fond de l'être , croire d'une telle foi, on ne le peut qu'en visant cet être personnel unique que nous appelons Dieu. Gardons-nous cependant d'opposer foi et croyance comme si l'une excluait l'autre.

Chaque nouveau baptisé, chaque chrétien tout au long de sa vie, et jusque dans l'assemblée liturgique, dit au singulier son Credo : " je crois " car il n'est pas d'acte plus personnel. Mais il le dit toujours dans et part l'Eglise, car lui-même, ne peut pas être un isolé.

Quel peut être ce "Je " qui dans l'élan de sa foi sans illusion et sans réserve adhère au Christ. Ce "Je " ne peut être que l'Eglise de Jésus-Christ.

"On ne progresse vraiment dans l'intelligence du Credo, que par approfondissement et explication, et non par addition".

" En nous donnant son Fils qui est son unique Parole, Dieu nous a tout dit et tout révélé ". Saint Jean de la Croix.


Question 13


J'ai découvert, hier, une citation de Théophile Gautier que j'ignorais :

"Le hasard, c'est peut-être le pseudonyme de Dieu quand il ne veut pas signer."
On dit parfois que "le hasard fait bien les choses". Le charismatique que je suis aime l'expression "clin Dieu" quand le hasard paraît "trop énorme" pour n'être que le fruit du hasard...
Superstition ? Hérésie ? Autre ?
Avez-vous un avis sur la question ? Mais d'abord : vous intéresse-t-elle ?


(de la part d'Olivier)


Réaction 1 :


Ta remarque, Olivier, m'a longtemps trottée dans la tête et ta question m'a renvoyé à un texte de Gustave THIBON que je viens de retrouver ("Ce que Dieu a uni" Fayard, 1962)

Je te livre....Bien amicalement. André















Question 12


Dans le Credo, nous entendons et disons :
Je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique.

Chaque mot a une signification et, me semble-t-il, engage à un certain comportement.

Par exemple, on pourrait dire :


Une parce qu'elle est le corps du Christ et toute division est à proscrire.


Catholique pour universelle et l'enfermement communautaire est un danger.


Apostolique car elle procède des Apôtres et la transmission est essentielle.


Et sainte ? (Nathalie)



Texte du Cardinal Henri de Lubac - La foi chrétienne- Essai sur la structure du symbole des apôtres. Proposé par Suzanne S.

"La caractéristique essentielle de notre Credo est méconnue. Loin d'être une liste quelconque, il a un tout fortement constitué. Il a une structure. Ce n'est pas là simple question de forme littéraire. L'idée même de la foi chrétienne, dans son originalité propre, est liée, à la structure du symbole dans lequel cette foi a pris corps, et les conséquences qui s'ensuivent pour la pensée et pour la vie chrétienne sont capitales. Il importe donc essentiellement de reconnaitre et d'analyser cette structure."

Cette page est destinée à pouvoir poser librement des questions sur la foi et les fondements théologiques de l'expérience chrétienne.

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A vos plumes

Question 11


Je m'interroge sur la manière de se confesser. Suivez-vous un modèle pratique ? Faites-vous entrer vos péchés dans la liste des péchés capitaux, gourmandise, colère etc. afin de parler même langage avec le confesseur ? Attendez-vous que le prêtre vous questionne plus en détail
? Vous donne des conseils spirituels ? Préférez-vous être entendu par le même confesseur ou est-ce indifférent ?


Ce sont quelques questions d'une longue liste ! Merci à l'avance pour vos réponses. (Nathalie)


Réaction 1


Bonjour Nathalie,

N'étant pas familière des réseaux sociaux,c' est un peu délicat ,pour moi de communiquer ainsi sans connaître mon interlocutrice ! je vais essayer de réagir à la question 11 de votre rubrique !

Si l'on admet que pécher- selon le grec, se traduirait par : manquer la cible force est de reconnaître que "nous manquons la cible "souvent..dans nos attitudes, nos actes,nos pensées au quotidien ..

Qu'est-ce que la confession pour chacun et, pour tous ? son origine et , pourquoi se confesser ?

La confession , pour moi est de l'ordre de la remise de soi , reconnaissance de notre fragilité devant Dieu, par l’intermédiaire d'un autre auquel nous disons,nous articulons (l'acte de pouvoir dire me semble important ) nos "manquements",nos erreurs qui...bien souvent se reproduisent!.

Ce dialogue va nous aider pas à pas au fil des jours à mieux percevoir nos difficultés .

Le "confesseur" est partie prenante ,son écoute est active , pourrait-on dire 'sacramentelle', qu'il soit un confesseur régulier ou occasionnel.

C'est de l'ordre de l'ouverture du coeur ( Règle de Saint Benoît). c'est très large et nous aide à grandir dans notre vivre ensemble et, quelque soit notre état de vie d’avancer dans la foi avec ,pas à pas ,une acceptation plus profonde de nos limites.

Marie-France


Réaction 2


Le journal La Croix offre de nombreux textes courts sur la confession
(ici en ligne et gratuit).
https://www.la-croix.com/Religion/se-confesser-confession

dont celui-ci qui est davantage un dialogue pénitentiel.


https://www.la-croix.com/Definitions/Sacrements/Trois-conseils-confesser-autrement-2018-08-29-1700964706

Ce dialogue commence en remerciant Dieu pour son aide quand nous faisons de bonnes actions. Puis nous parlons de ce qui nous met mal à l’aise dans notre comportement, nos sentiments etc, sans besoin de nommer clairement les péchés. En conclusion : "Je me remets une fois encore sous la Croix, sous cette puissance qui m’a baptisé pour qu’une fois encore elle me reprenne en main."

Je me demande cependant : le confesseur ne sera-t-il pas surpris d'entendre le pénitent commencer par louer Dieu de ses bonnes actions ? (Nathalie)


Question 10


Dans le credo, comment expliqueriez-vous l'apparente contradiction entre "Je crois enun seul Seigneur, Jésus Christ..." et "Je crois en l’Esprit Saint,qui est Seigneuret qui donne la vie... ?"

(Nathalie)


Réaction 1


Le terme "Seigneur" (kyrios) dans le Nouveau Testament, comme dans la tradition postérieure, désigne Dieu lui-même. C'est pourquoi, dans la foi chrétienne, il est appliqué tant au Père, qu'au Fils et à l'Esprit qui sont une même subsance en trois personnes. Ainsi, il n'y a pas vraiment de contradiction à reconnaître un seul Seigneur en Jésus-Christ, comme à croire que l'Esprit Saint est Seigneur.

(Fr. Jean-Pierre)


Réaction 2


«Je crois en l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie » Si "Seigneur" marque qu'il est une Personne de la Trinité, "donne la vie" n'est pas un caractère propre à l'Esprit. Le Père et le Fils donnent la vie eux aussi. Ce caractère vivifiant est peut-être précisé dans le credo par rapport à la Rédemption et plus précisément à ce qui est advenu lors de la Pentecôte (et ne s'achèvera qu'à la fin des temps). L'Esprit poursuit la Révélation. L'Esprit nous guide vers la vie des enfants de Dieu. (Nathalie)


Réaction 3


Pour moi , je ne vois pas une opposition, mais plutôt un "partenariat" .

La Trinité est complexe, mais il est évident que notre condition humaine a besoin de ces trois personnes pour accéder à la sainteté.

Dieu me semble parfois inatteignable, mais un lieu de douceur et d'empathie qui me rassure. Jésus est celui par qui j'ai la connaissance de Dieu. Le Père qui grâce au Fils me rejoint dans mon quotidien .

L'Esprit Saint est celui qui me guide sur ce chemin très caillouteux. Celui qui libère ma parole, celui qui me guide vers les autres en justesse et avec amour. C'est en cela qu'il "donne la vie" . (Dominique)


Réaction 4


L’Esprit se manifeste aussi au moment de l'eucharistie où il donne la vie avec puissance.
Il n'y a pas trace de l'eucharistie dans le credo. On passe de "Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme." à "Crucifié pour nous sous Ponce Pilate,..." sans que soit mentionnée la Cène.

Mais l'unité est partout présente. Les trois Personnes de la Trinité : Je crois en un seul Dieu... L’Église unie dans le Seigneur : Je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique. avec sa mission apostolique qui concerne tous les hommes. J’attends la résurrection des morts : les morts participent à l'unité eux aussi. (Nathalie)


Réaction 5


Texte de Henri de Lubac, proposé par Suzanne S.


La structure est ternaire, parce que la substance est trinitaire. La foi du chrétien est foi au Dieu unique en trois personnes. Qu'on se rappelle la finale de l'évangile selon Matthieu : " Allez , de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit". "Nous avons reçus le baptême, dira saint Irénée au deuxième siècle, au nom de Dieu le Père, et au nom de Jésus-Christ le Fils de Dieu , incarné, mort et ressuscité, dans l'Esprit-Saint de Dieu"; ce sont là " les trois articles principaux de notre baptême" , c'est " la base de l'édifice et fondement de notre salut" .Le chrétien fait en réalité ce qu'Abraham, au dire de Saint Ambroise, fit en image "lorsqu'il vit trois personnes et adora un être unique ".

C'est en agissant pour nous, c'est en nous appelant à lui que Dieu, qui nous a faits pour lui , s'est fait connaitre, et notre foi est réponse à son appel.

Petite introduction au symbole des apôtres . Cardinal Henri de Lubac


Texte d'Henri de Lubac : Foi, croyance et religion 

Proposée par Suzanne S.


La Foi Chretienne.

Il exite une espèce de pénétration réciproque entre le 'croire en ' et le 'croire que '.

'Credo in et credo quod' sont unis en un seul et même acte. Autrement dit la foi personnelle est en même temps, de toute nécéssité , foi objective, croyance. Pour exister , il lui faut se nourrir de cette croyance. "L'obéissance de la foi " , comme dit Saint Paul, ne va pas sans une adhésion intellectuelle à une série de croyances, celles-là mêmes qui, dans le Credo , accompagnent la mention de chacune des trois Personnes . Foi et croyance, --foi et religion : ces deux couples de
notions sont étroitement liés.

Notre foi elle- même, en effet, est adhésion à cette Parole de Dieu qui, pour se dire et se faire entendre de nous, se fragmente en s'objectant, et c'est ainsi seulement que nous la rejoignons dans son unicité.
L'Ecriture ne connait pas cet être de raison que serait la foi sans croyances. Qu'on se reporte, par exemple à la " prière sacerdotale" de Jésus, telle que la rapporte le quatrième évangile : "Maintenant, dit Jésus à son Père en parlant de ses disciples, ils ont connu que tout ce que tu m'as donné vient de toi....Ils ont reconnu que je suis sorti d'auprès de toi et ils ont cru que c'est toi qui m'as envoyé."

Citons par exemple la formule de Bossuet dans le cathéchisme du diocèse de Meaux : "Qu'est-ce que la Foy _c'est une vertu et un don de Dieu par lequel nous croyons en Luy et tout ce qu'il a révélé à son Eglise."




Question 9


Engendré non pas créé,

consubstantiel au Père ;

et par lui tout a été fait.


Par lui ?

Est-ce le Fils seul qui a créé le monde ? »


(Question proposée par Nathalie)



Réaction 1 : Ces quelques mentions sont tirées du credo de Nicée-Constantinople, du nom des deux conciles qui, au 4ème siècle ont précisé la foi chrétienne en termes « philosophiques » .


Il s’agit dans ces incises de caractériser certaines marques de celui qui est nommé par ailleurs "Fils de Dieu" et que l’on reconnaît en la personne de Jésus.


Pourquoi dire que « par lui, tout a été fait » : le Fils et le Père sont un, comme le dit l’évangile de saint Jean. Ils sont mus par un même souffle, un même esprit (c'est le même mot). Le Fils est l’expression du Père, il est sa Parole, il est sa manifestation dans l’ordre de la création. En prononçant sa Parole, Dieu le Père crée par elle tout ce qui existe ; il donne « corps » par sa Parole. Et cette Parole revient à lui en forme de reconnaissance, une fois l’oeuvre accomplie dans la mouvance de l’Esprit, du Souffle qui porte la Parole en tout ce qu’elle fait. C’est ainsi que l’on peut dire que par le Fils, par le Verbe, par la Parole, tout a été fait : elle a accompli l’oeuvre du Père et nourrit la relation avec le Père qui par sa « Parole » et dans leur Souffle la rejoint sans cesse, l’appelle, la transforme, l’accompagne. Cette parole devient pour la création Chemin, Vérité et Vie. C’est ainsi que l’on peut dire que « Par le Fils, tout a été fait. »


Cette manière de parler utilise évidemment des images liées à l’expérience humaine de la parole et du souffle. Mais elle définit assez bien la relation ternaire que l’on peut considérer dans le principe vital : une source originelle tel un destinateur (pour reprendre des termes de linguistique), une émission de parole performative et un vecteur qui porte le message ainsi que sa réponse. C’est cela qui caractérise le créé, le vivant : venant de plus grand que lui-même, portant une parole, un langage en vue d’une relation vivante et porté par un souffle unificateur : en d’autres termes, un père, un fils et un souffle commun aux deux.

Ainsi on peut le dire : « Tout a été fait par le Fils comme Parole vivante et performative du Père, portée par leur souffle commun » (Frère Jean-Pierre)


Réaction 2 :

"Le Fils est l’expression du Père, il est sa Parole, il est sa manifestation dans l’ordre de la création."

Cela signifierait que le Fils n'est une Personne de la Trinité qu'au moment de la Création ? (Nathalie)


Réaction 3 :

Non, car il y a en Dieu du vivant ternaire, dans sa nature même : le Père livre tout en son Fils par amour, le Fils est son expression, sa Parole, qui ne garde rien pour lui-même et lui retourne toujours tout dans le même élan d'amour au souffle de l'Esprit. C'est ce que veut signifier le terme "personne" qui, se définit essentiellement par sa capacité relationnelle. Au moment de la création, le Fils, sous mille formes devient la manifestation visible du Père, comme Parole créatrice, comme Parole de salut, comme Parole d'Alliance, comme Oint, comme Messie en la personne du Roi, du Prophète, du Prêtre,comme Jésus, dans la perfection de la manifestation filiale et finalement comme peuple rassemblé en un seul Corps, le corps du Christ, le corps messianique appelé à participer à la nature divine. (fr. Jean-Pierre)


Réaction 4


La Personne du Père décidant par sa volonté libre de créer le monde exprime cette volonté par sa Parole qui est le Fils. "Par lui" signifierait alors que la Création est l’œuvre du Fils en tant qu'il fait "toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre" comme le dit saint Paul ? Qu'il crée physiquement ce qui a été voulu par le Père ? (Nathalie)


Réaction 5


Le Père est donateur de toutes choses , mais la création n’est-elle pas accessible par le Fils dans la mesure où le Christ révèle à tout homme sa filiation divine ? Dieu créa l'homme à son image. (Genèse). (Pierre)


Réaction 6


Nous distinguons en Dieu, le Père, le Fils et l'Esprit, mais il faut sans cesse se rappeler que même si ces réalités sont bien réelles, elles caractérisent avant tout des relations et des fonctions divines. Il est donc important malgré ces distinctions, de tenir l'unité divine en une seule substance. Si bien que lorsqu'on parle de l'oeuvre du Père, c'est aussi l'oeuvre du Fils portée par leur souffle commun. Parmi ces fonctions, le Fils donne corps à ce qui est dans la pensée divine et accompagne cette création "physique" jusqu'à prendre chair. Et du coup, nous pouvons percevoir toutes choses de la création à travers cette filiation du Christ rendue accessible à notre humanité. (fr. Jean-Pierre)


Réaction 7


Par la Création, Dieu donne à l'homme la vie physique et la vie spirituelle. On entend cette puissance de vie dans la suite du credo, à propos de l'Esprit Saint, troisième Personne de la Trinité : "il est Seigneur et il donne la vie." L’Esprit participe à la Création et à la Rédemption. Pour autant, on ne dit pas de lui : "et par lui tout a été fait."

Cette insistance sur la fonction créatrice du Fils semble liée à l'Incarnation. Le Fils reprend l’œuvre de la Création entachée tout entière par le péché d'Adam. Par lui tout a été fait précède "Pour nous les hommes..." Rançon d'un homme créé à l'image de Dieu, nous avons nous aussi une volonté à l'image des trois Personnes de la Trinité. Peut-on dire que dès la Création, le Fils créateur savait qu'elle contenait aussi la Croix où il mourrait ? (Nathalie)



Réaction 8


Dieu Père crée par  sa Parole, expression parfait de son être et donnant corps à la matière, aux plantes, aux animaux et aux êtres humains, avant même que ces derniers ne viennent à vouloir vivre sans tenir compte de Dieu. Donc le rôle de la Parole n'est pas liée au point de départ au salut de l'homme pécheur. Mais cette Parole recrée en permanence, et chacun peut se confier en elle pour correspondre au projet de Dieu, y compris quand il s'est éloigné de lui. Cette recréation comporte la condition de l'abandon entre les mains du Père y compris dans les pires circonstances, comme celle de la Croix. En prenant notre condition, le Fils n'ignorait pas le risque qu'il y aurait pour lui à être mis à mal et éliminé, tellement la vie dont il est porteur s'oppose à l'autonomisation de chacun, sans Dieu. Comme Fils venu dans la chair, Jésus ne connaissait pas à l'avance toutes les circonstances de ce qui allait concrètement lui advenir et à plus forte raison, comme Parole sortie au commencement de la bouche du Très-Haut. Mais cette question a fait l'objet de nombreuses discussions théologiques où les points de vue divergent. (frère Jean-Pierre)


Réaction 9


On touche ici à beaucoup de Mystères dont celui de la Rédemption. Les questions sont donc plus nombreuses que les réponses et c'est bon signe. La Création s'achève par la création de l'homme (au sixième jour). L'homme est à l'image de Dieu aussi parce qu'il possède une volonté.
Sans volonté, il n'y a pas de liberté.
L'homme peut vouloir vivre uni à Dieu (comme Adam avant la Chute) mais parce qu'il possède une volonté, existe dès le commencement la possibilité que cette volonté veuille autrement (sinon c'est une fausse volonté).

Le rôle de la Parole pourrait donc être lié dès le départ au salut de l'homme pécheur. Il y a continuité immédiate entre : "et par lui tout a été fait." et "Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel;"

Par l'Incarnation, le Fils nous montre comment il vit dans la volonté du Père. La volonté du Père est le don de la vie éternelle à tous les hommes, dans le Royaume, Création parfaite. (Nathalie R.)

Question 7 : Proposition de foi

A vrai dire, ce n'est pas vraiment une question, c'est plutôt une proposition de présentation de la foi chrétienne.

Je souhaiterais beaucoup recueillir votre avis sur cette manière de présenter le dynamisme de la foi. C'est orthodoxe, je crois, mais c'est malgré tout une approche qui présente le sujet sous un jour particulier. Merci à l'avance. Fr. Jean-Pierre